"Trois points d'un coup, c'est beaucoup, ça interpelle, mais c'est un impôt de l'État et nous le répercuterons sur les tarifs. Nous n'augmenterons pas les prix, nous, mais les prix des billets augmenteront au bénéfice de l'État de 3%", a longuement insisté le patron de la SNCF le 18 octobre devant la presse.
Le matin même, les députés rejetaient les amendements proposant le taux réduit à 5,5% pour les transports publics, maintenant le passage de la TVA de 7% à 10%.

"En revanche, l'inflation, on va se la manger", a t-il poursuivi, réfutant les affirmations de l'Association des usagers des chemins de fer (Avuc) qui avait anticipé une hausse de 4% des tarifs SNCF pour 2014 (lire).
En 2013, la société ferroviaire a augmenté ses prix de 0,5% pour une inflation a 0,9%, "si le taux de TVA passe de 7 à 10% sur les transports publics, nous augmenterons nos tarifs dans la même proportion, a repris Guillaume Pepy qui calcule que la hausse de la TVA rapportera à l'Etat 30 millions d'euros pour les billets TER, et 20 millions pour les Transilien.

"On ne va pas prendre cet impôt d'Etat à notre charge, il ne manquerait plus que ça…", poursuit le dirigeant de la SNCF suggérant d'"exempter les trains de la vie quotidienne ou les tarifs sociaux".

La SNCF va toutefois percevoir le Crédit impôt compétitivité et Emploi (CICE) qui doit soutenir les entreprises et qui correspond à l'équivalent de 4% de la masse salariale. "Oui, mais elle le reversera aux régions (autorités organisatrices des lignes TER, ndlr)", précise un porte-parole du groupe, se refusant à indiquer le montant exact perçu.

Or, selon le gouvernement, le CICE bénéficiant au secteur du transport collectif sera supérieur à la hausse de la TVA. Il n'y aurait donc, selon le ministre de l'Economie et son homologue du Budget, pas de raison que les tarifs des transports publics augmentent...
"On veut nous retirer d'une main ce qu'on nous donne de l'autre", observent les professionnels du transport public face à l'argumentaire du gouvernement.

Nathalie Arensonas