Un chiffre d'affaires en hausse de 4% sur les six premiers mois de l'année 2013, à plus de 2,6 milliards d'euros, essentiellement tiré par le développement des filiales du groupe. Notamment RATP Dev qui a récemment mis sur les rails les tramways de Casablanca au Maroc, d'Oran et Constantine en Algérie et celui de Shenyang, en Chine. Son chiffre d'affaires s'élève à 421 millions d'euros, en hausse de 22,8% au premier semestre.

Un bénéfice net qui progresse de plus d'un quart à 190 millions d'euros (seulement 10 millions pour les filiales qui représentent pourtant 17% du chiffre d'affaires du groupe), une légère reprise du trafic en Ile-de-France (+0,4% alors que la fréquentation avait reculé de 0,5% en 2012), "signe de la fin de la récession", selon Pierre Mongin, le dirigeant de la RATP.
Ce redressement est sans doute favorisé aussi par les 30 nouveaux kilomètres de métro (extension des lignes 4 et 12), la fin des travaux de voirie pour prolonger les lignes de tram T1, T2, T3 et le renforcement des lignes de bus en heures creuses et en soirée.

Les investissements pour la modernisation et l'extension du réseau des transports franciliens sont à "un niveau record", se félicite le dirigeant du groupe. Ils ont atteint 596 millions d'euros au premier semestre, soit +5,7% par rapport à juin 2012 et sont "largement portés par la capacité d'autofinancement".

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur du monde pour l'opérateur de transport public sans le récent coup de projecteur sur la facture salée de la fraude : 100 millions d'euros de manque à gagner selon les estimations du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, en réponse à une question écrite posée par le député UMP des Bouches-du-Rhône et publiée fin août au Journal Officiel. Les amendes ne rapportent que 18 à 19 millions d'euros selon le directeur financier de la RATP.

"On va mettre le paquet"

"Il n'y a pas de justification sociale à la fraude, 800 000 voyageurs bénéficient d'exonérations totales ou partielles. Le problème s'est déplacé du métro et RER vers le bus et le tramway et pour le tram, je peux vous dire que l'on va mettre le paquet !, a lancé Pierre Mongin, en marge de la présentation des résultats semestriels. A 30, 40 ou 60 euros, les sanctions ne sont pas assez dissuasives, elles sont trop modestes, surtout pour les multi-fraudeurs (...) Je vais faire passer des propositions cette semaine au ministre", poursuit le dirigeant.


Un millier d'agents RATP est affecté au contrôle de billets sur le réseau bus, tram, métro et RER en Ile-de-France. Et les recettes voyageurs brutes représentent près de la moitié du chiffre d'affaires de la Régie (1,15 milliard d'euros). "C'est pas mal du tout", a commenté Pierre Mongin. Les subventions du Syndicat des transports, le Stif, représentent près de l'autre moitié (1 milliard), le reste (161 millions) proviennent des recettes publicitaires.

Nathalie Arensonas