Où en est le futur métro d’Ile de-France ? Quatre mois se sont écoulés depuis que Jean-Marc Ayrault a rendu début mars 2013 ses arbitrages sur le tracé et le calendrier du Grand Paris Express.
Et depuis, en apparence, les choses n’ont pas beaucoup avancé sinon que le 20 juin, la région capitale a validé le protocole financier conclu avec l’Etat.

L’accord confirme l’apport de deux milliards d’euros de la Société du Grand Paris (SGP) au plan de mobilisation de six milliards d’euros prévu pour améliorer les réseaux de transport existants d’ici à 2017. Sur ces deux milliards, un premier servira à prolonger le RER E Eole à l’ouest. Le deuxième milliard servira principalement à financer les travaux de prolongement des lignes 11 et 14 du métro parisien.

Avant le commencement des travaux pour le métro du Grand Paris Express, conformément aux vœux de l’Etat, la SGP met donc ses moyens financiers à disposition. Elle bénéficiera en 2014 de plus de ressources qui devraient s’élever à 677 millions d’euros grâce notamment au dynamisme de la taxe locale sur les bureaux.

Sept marchés d'ingéniérie

Mais la véritable mise en musique de la partition arrêtée par Matignon va prendre un tour assez concret cet été. Préparées par le directoire présidé par Etienne Guyot, les décisions que prendra lundi 15 juillet le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, devraient avoir symbole de coup de départ.

Lundi 15 juillet, le plat de résistance du conseil de surveillance est le vote d’une autorisation d’investissement de 5,3 milliards d’euros, véritable acte de lancement du futur métro automatique. Il s’agit de l’enveloppe prévue pour la réalisation de la ligne 15 sud, entre Pont de Sèvres (ouest de Paris) et Noisy Champs (Seine-Saint-Denis), premier axe du Grand Paris Express (télécharger la carte du futur réseau ci-dessous).

 "Cette étape est capitale car, forts de ce vote, nous pourrons ensuite attribuer au cour de l’été, les sept marchés d’ingénierie et de conception architecturale  qui permettront la conception et le suivi des travaux relatifs à la ligne 15 sud", indique la SGP.

Les procédures d’appel d’offres ont été lancées de longue date et les entreprises d’ingénierie ou cabinets d’architecte (souvent associés en groupement) qui ont été retenues en phase finale piaffent d’impatience en attendant le verdict.

Tunnels, gares, matériel roulant

Deux marchés "système" sont en jeu : l’un concerne les équipements des tunnels et des gares : voies, énergie télécommunications, équipements électromécaniques. L’autre comprend le matériel roulant, le poste de commande centralisé et le système de conduite automatique des trains.

Pour les infrastructures et les tunnels, la SGP attribuera des marchés distincts pour de l’ assistance à maître d’ouvrage et pour la maîtrise d’œuvre.

Concernant la maîtrise d’œuvre de l'infrastructure, la SGP l’a découpée en deux lots de tailles équivalentes. Chacun de ces lots devraient mobiliser une centaine d’ingénieur et d’architectes.

On évalue entre 300 et 400 millions d’euros, la valeur total des marchés qui seront pourvus au cours de l’été 2013, probablement entre fin juillet-début août et septembre. De quoi apporter de l’air au secteur de l’ingénierie. Restera aussi à attribuer le marché du l’atelier-dépôt de Champigny-sur-Marne, et plus tard, celui de Vitry. 

Et au delà de la ligne 15 sud, la SGP planche sur l’optimisation du réseau du Grand Paris Express. Sur proposition du rapport de Pascal Auzanet, Matignon avait décidé de redimensionner à la baisse la longueur des rames devant circuler sur certaines lignes : gains espérés, 3 milliards d’euros. Le pari pourra-t-il être tenu ?

Marc Fressoz