"Les trains Intercités, qui maillent vraiment le territoire et qui facilitent la mobilité seront intégralement renouvelés entre 2015 et 2025", a déclaré Jean-Marc Ayrault, en présentant le 9 juillet, dans les murs de l'université Pierre et Marie Curie à Paris, son plan pour les investissements d'avenir.

"Entre les TER et les TGV, les trains Intercités doivent impérativement prendre toute leur place", a ajouté le chef du gouvernement. L'État doit lancer dès cet été une première commande, "d'un minimum de 500 millions d'euros pour des trains neufs", a -t-il expliqué, confirmant une information de MobiliCités.

Un appel d'offres doit être lancé dès 2015 pour une deuxième tranche d'investissements, prévue à l'horizon 2018-2019, a précisé Matignon. Il doit permettre de renouveler les anciens trains Corail.
Cette annonce suit la philosophie du rapport de la commission Mobilité 21, remis au gouvernement le 26 juin. Le document, élaboré par des parlementaires et des experts, redonne la priorité aux trains du quotidien par rapport au modèle du tout TGV en vigueur ces dernières années.


Scénario 2

Le gouvernement approuve les conclusions du rapport et "se fixe comme référence son scénario numéro deux, qui prévoit entre 8 et 30 milliards d'euros tous financeurs confondus" consacrés aux infrastructures de transports à l'horizon 2030, a indiqué Jean-Marc Ayrault.
Matignon a ainsi choisi de maintenir le début des travaux d'une seule ligne à grande vitesse (LGV) avant 2030 : Bordeaux-Toulouse. Les autres (Bordeaux-Hendaye, Paris-Orléans-Clermont-Lyon, Poitiers-Limoges, seconde phase de la LGV Rhin-Rhône...) sont renvoyées à l'après 2030.

Quelque deux milliards d'euros sont néanmoins provisionnés pour engager la construction de certaines LGV avant cette date, au cas où les lignes existantes arriveraient à saturation plus tôt que prévu. "La France ne tourne pas du tout le dos à la grande vitesse", a maintenu Jean-Marc Ayrault, soulignant que les priorités en matière de mobilité seraient revues tous les cinq ans.

La priorité doit également être donnée à l'entretien et à la modernisation du réseau existant. Les premiers chantiers à mettre en oeuvre avant 2030 se concentrent sur un certain nombre de grands "noeuds ferroviaires", et sont destinés à désengorger de nombreuses gares, comme celles de Lyon et Saint-Lazare à Paris, la Part-Dieu à Lyon ou Saint-Charles à Marseille.

Selon les membres de la commission Mobilité 21, le financement du scénario deux impliquait un investissement supplémentaire de l'État de 400 millions par an dans le budget de l'Agence de financement des infrastructures de transports de
France (AFITF). Matignon ne s'est pas engagé sur ce point, mais précise "assumer" le maintien du budget de l'AFITF "au-dessus des deux milliards par an".

N.A (avec AFP)