Référendum à la rentrée

Le 22 juin, 75% des Brésiliens ont déclaré soutenir le mouvement de protestation. Dans ce sondage réalisé par la revue Epoqua, le prix et la qualité des transports en commun étaient le principal motif de ce soutien (77%). Et pour cause, le poids du transport pèse plus de 26% dans le budget des familles.

Face aux protestations, Sao Paulo et Rio ont fait machine arrière en annulant la hausse du prix du ticket et le 25 juin, Dilma Roussef, la présidente du Brésil, a annoncé le déblocage de 50 milliards de reais (18,5 milliards d'euros) pour améliorer les transports publics et la mobilité urbaine. Elle a également proposé la tenue d'un référendum populaire à la rentrée pour proposer une "réforme politique du pays". Enfin, pour répondre à la principale demande des manifestants, le Sénat brésilien examine un projet de loi qui ouvrirait la gratuité des transports publics aux étudiants.

Cela suffira-t-il à calmer une colère attisée par les milliards de reals investis pour organiser la Coupe du monde de football en 2014, puis les Jeux Olympiques en 2016 ? Bien sûr, ces deux événements au retentissement planétaire devraient avoir quelques effets bénéfiques sur les infrastructures de transport. Mais cela ne suffira pas à rattraper les retards. Selon l'ambassade du Brésil à Paris, 8,95 milliards de reais (3 milliards d'euros) ont été investis pour financer une cinquantaine de projets de mobilité dans le pays en vue de la Coupe du monde de foot.

 

Métro automatique à Sao Paulo

A Sao Paulo, la ligne 4 du métro mise en service en 2010 sur neuf kilomètres doit gagner quatre autres kilomètres en 2015. Il s'agit du premier métro automatique d'Amérique du Sud, réalisée en partenariat public privé par un consortium dont le Français Ratp Dev fait partie.

Une sixième ligne de métro de 14,9 kilomètres (15 stations) est actuellement en projet, mais elle n’a pas encore été validée par le gouvernement fédéral. Les milliards annoncés par Dilma Roussef pourrait faire avancer les choses.

Sao Paulo souhaite par ailleurs se doter d’un réseau de trois lignes de monorail urbain à haute capacité. En 2010, Bombardier a décroché le marché de la ligne 15 (Silver). Le constructeur canadien doit équiper ces 24 kilomètres de lignes (18 stations) avec son Innovia Monorail 300. En 2011, Scomi Engineering a remporté le contrat pour la ligne 17 (Gold) qui comptera aussi 18 stations.

 

Tram et bus à haut niveau de service à Rio

A Rio qui accueillera les JO du 5 au 20 août 2016, le développement des transports publics ne repose pas sur le métro mais sur les projets de tramway et de Bus Rapid Transit (BRT, le terme anglais pour bus à haut niveau de service). Quatre couloirs de bus en site propre à la mode sud-américaine, c’est-à-dire à double sens et totalement séparés de la circulation automobile, sont en construction. Le premier, sur 56 km, appelé TransOeste, a été inauguré en juin 2012. Avec 220 000 passagers par jour, soit la fréquentation de deux à trois lignes de tramway en France, il évolue dans l’ouest de Rio et réduit les temps de parcours de moitié avec une fréquence de 2 à 5 minutes.

Les trois autres projets de BRT seront opérationnels avant les JO, indiquent les autorités. Sur celui qui reliera l'aéroport Santos Dumont à Deodor, l'un des principaux sites des JO (32 km) et qui coûtera 1,5 milliards de reais, on attend jusqu'à un million de voyageurs par jour. A titre de comparaison, le trafic du RER A en banlieue parisienne, l'un des plus chargé du monde, dépasse à peine ce chiffre ! Au total ces quatre lignes se dérouleront sur 130 kilomètres et pourront transporter plus de deux millions de personnes par jour à bord d'un millier de bus articulés.

Enfin, Rio a décidé en avril 2013 de s’équiper de six lignes de tramway totalisant 30 kilomètres et 42 stations. Ce marché a été attribué  à un consortium brésilien dans lequel RATP Dev a un contrat d’assistance technique pour la construction et l’exploitation. Un tram sans caténaire, construit par Alstom. Un premier tronçon de 14 kilomètres doit être mis en service fin 2015. Selon les autorités municipales, "100% des lignes seront opérationnelles pour les JO". 

Le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier devait t accompagner un voyage officiel au Brésil du 4 au 7 juillet 2013, en compagnie d'insdustriels français. L'occasion de vendre le savoir-faire français en matière de transport public (lire l'encadré ci-dessous). Le voyage a finalement été repoussé, et l'on en connait pas encore la nouvelle date.

Christine Cabiron et Robert Viennet