Cela fait plus d'un an que Stagecoach prépare son coup. La première liaison en cars couchettes doit être lancée le 8 juillet 2013 entre Aberdeen en Écosse, et Londres, via Dundee, Perth et Cumbernaud. Sur cette ligne régulière qui propose déjà cinq aller-retours par jour, une liaison de nuit sera proposée en "sleeper coach", 7jours/7.

Un trajet d'environ onze heures  (départ à 21h15, arrivée 7h45), à bord d'autocars de tourisme dotés de 53 sièges en cuir, transformables en 42 lits. Pour un prix compris entre 15 et 60 livres, selon le moment où l'on fait sa réservation. Soit deux à trois plus cher qu'un trajet en autocar classique. Alors quel intérêt ?

Le grand confort. Construit par Van Hool, ces double-deckers sont conçus sur une base d'autocar de tourisme issu de sa gamme Astromega. Un véhicule à deux niveaux de 4 mètres de haut et 15 mètres de long, doté de toilettes, de prises de courant et d'une connexion wifi. Pour commencer, Stagecoach a acheté dix autocars de ce type dont le coût unitaire est de 500 000 livres (590 000 euros).

Le transporteur doit passer deux nouvelles lignes (Inverness-Londres et Falkirk-Londres) en service de nuit au courant de l'été 2013. Les réservations se font sur www.megabus.com, avant la mise en ligne d'ici à quelques mois de www.megabusgold.com, marque sous laquelle seront commercialisées les lignes régulières en cars couchettes.


Londres-Paris en couchettes ?

Verra-t-on bientôt ces cars couchettes et à impériale circuler sur les lignes régulières internationales de Megabus (marque de Stagecoach) qui relient déjà  Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam ? A l'occasion de leur lancement en avril 2012, Sir Brian Souter, pdg de Stagecoach (en photo ci-dessus), avait déclaré qu'il y réfléchissait. Interrogé par MobiliCités, le service communication de Stagecoach n'a pas souhaité faire de commentaire.

Les concurrents du Bitannique sur le marché des lignes régulières internationales - iDBUS et Eurolines - disent ne pas être intéressés par le car couchette. Pour des raisons de sécurité (le port de la ceinture de sécurité est obligatoire dans les autocars), mais aussi pour des raisons de coût : "Nous avons déjà testé ce type d'autocars il y a quelques années sur nos lignes régulières, mais nous ne sommes pas allés plus loin parce que notre clientèle est avant tout à la recherche des prix les plus bas", explique-t-on chez Eurolines.
Début juin 2013, la filiale de Transdev a toutefois enrichi son offre avec un autocar plus confortable sur son Lyon-Bruxelles-Amsterdam : sièges inclinables et déplaçables latéralement, prises électriques.

Reste une équation à résoudre dans les cars couchettes Stagecoach : 53 places assises, 42 couchettes, faudra-t-il organiser un jeu des chaises musicales pour trouver un lit ?

Robert Viennet