Plus lisible avec quatre lignes de bus au lieu de 14, plus attractive avec des abonnements moins chers, des horaires revisitées : le réseau Urbus – qui devrait être rebaptisé Couralin, du nom d'une embarcation sur l'Adour - fait sa mue au début de l'été.
Géré jusqu'en 2012 par la la régie des transports des Landes (RDTL), c'est la société publique locale Trans-Landes qui a repris le volant depuis. Elle est détenue à 60% par le conseil général des Landes et la communauté d’agglomération du Grand Dax (20 communes, 56 000 hab).

Intérêt de ce mode de gestion public, la réactivité et la souplesse, selon Jean-Marie Abadie, président du Grand Dax  : "Nous pouvons modifier l’offre quasiment au jour le jour", relève l'élu.

Parce que la cité dacquoise est traversée par deux lignes de chemin de fer et la rivière Adour - deux coupures urbaines qui entravent la circulation automobile et celle des bus en particulier - les élus locaux ont adopté en mai 2013 un plan de déplacement urbain préconisant quatre kilomètres de couloirs autobus.
"Avec une gare TGV qui voit passer plus d’un million de passagers par an et un pôle d’échanges multimodal en construction, nous devions revoir l’organisation des transports urbains", observe Jean-Marie Abadie.

 

4 lignes de bus au lieu de 14

Première action de la Société publique locale (SPL) Trans-Landes, la création en 2012 de quatre lignes express baptisées "Vitenville" pour relier trois parkings (1 000 places au total) au centre-ville de Dax. Le service est gratuit et fonctionne de 7h30 à 19h30 toutes les 10 à 15 minutes. "Ces navettes ont un double objectif : réduire le nombre de voitures en centre-ville et inciter les habitants à y revenir".

Pari gagné puisque 330 000 personnes ont utilisé ces navettes Vitenville en 2012. "C’est énorme pour une collectivité comme la nôtre. C’est aussi le signe qu’on peut se déplacer autrement qu’en voiture dès lors que le service de transport public est attractif", commente l'élu dacquois.
D'où l'idée de repenser complètement le réseau d'autobus.  "Le système datait de plus de 20 ans. Avec 14 lignes et un seul point de correspondance, l’organisation était obsolète". A compter du 8 juillet 2013, le nouveau réseau sera composé de quatre lignes qui desserviront Dax et Saint-Paul-lès-Dax. Deux communes qui constituent le cœur urbain de l’agglomération avec plus de 30 000 habitants. Les quatre lignes seront à horaires cadencées (10 à 20 minutes en heure de pointe, toutes les 20 à 40 minutes en heures creuses) et les dessertes ont été revues pour être plus efficaces. Et pour marquer la renaissance du réseau de transport urbain, les bus changent de livrée passant de blanc bleu à gris (photo). Enfin, un service de transport à la demande doit être déployé dans les 18 communes rurales autour de Dax.

 

Hausse du versement transport

Pour mettre en place cette nouvelle offre de transport public, le budget transport de la collectivité locale est passé de 2 à 4 millions d’euros. Pour dégager une nouvelle source de financement, le Grand Dax a porté le taux du versement transport de 0,6% à 1%. "Cette augmentation n’est pas négligeable pour les entreprises, reconnaît Jean-Marie Abadie. En échange, nous fournissons un service à l’ensemble des employés de l’agglomération puisque toutes nos zones économiques, nos pôles de santé et les grands équipements publics seront irrigués par les nouvelles lignes", justifie-t-il.

Côté tarifs, le prix du billet a été fixé à 1 euro, celui du carnet de 10 voyages à 5 euros. Mais la grande nouveauté réside en la création d’un abonnement annuel à 100 euros pour le grand public et à 20 euros pour les étudiants, seniors et personnes en difficulté sociale. Cela a été également l’occasion de déployer un système billettique compatible avec celui de la région Aquitaine.

L’intermodalité sera encore plus renforcée en décembre 2013, lorsque le pôle d’échanges de la gare de Dax sera mis en service (8 millions d’euros d'investissement) pour mettre tous les modes de déplacement en correspondance. On y trouvera aussi un point de location de vélos et de voitures électriques en autopartage.

Si aucun objectif n’a été fixé en matière de fréquentation des transports publics (170 000 voyageurs en 2012), Jean-Marie Abadie estime que le trafic pourrait augmenter de 10%. "Ce serait excellent si on atteignait ce chiffre. Pour autant, nous ne savons pas aujourd’hui quelle sera la réaction de la population vis-à-vis de la nouvelle offre. Car dans nos villes moyennes, les habitants n’ont pas l’habitude de se déplacer en bus"....

Christine Cabiron