"Nous réaffirmons que le gouvernement et la majorité parlementaire sont en mesure d'agir pour garder et renforcer le monopole public de la SNCF dans le cadre d'un grand service public national de transport ferroviaire", ont déclaré les syndicats CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT lors d'une conférence de presse le 5 juin.

"Une réforme est nécessaire" car "l'organisation actuelle a prouvé toute son inefficacité", estiment ces organisations qui réclamaient une réunification de la SNCF et de Réseau Ferré de France (RFF), qui gère l'infrastructure.

Mais, jugent-ils, avec la réforme proposée, "nous sommes encore loin de nos attentes en matière de réunification et d'intégration pérenne de la SNCF". Les syndicats s'inquiètent notamment du projet de créer trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), qui, selon eux, laisse la porte ouverte à un éclatement du système ferroviaire en trois entités.

-> Lire : "Les grandes lignes du projet de réforme du rail"

La réforme prévoit de rapprocher RFF, la Direction de la circulation ferroviaire de la SNCF et les cheminots de la compagnie nationale travaillant à la maintenance du réseau (SNCF Infra) au sein d'un gestionnaire d'infrastructure unifié (GIU) afin de supprimer les redondances d'activités. Cet établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) et
l'établissement public constitué par le transporteur SNCF seraient chapeautés par un troisième Epic qui assurerait le pilotage de l'ensemble.

La réforme engagée par le gouvernement doit permettre de juguler en dix ans la spirale de l'endettement de l'activité infrastructure qui atteint aujourd'hui 32 milliards d'euros.


"Dumping social "

Pour les syndicats, "la question de l'ouverture à la concurrence s'inscrit en filigrane de la réforme". "Seules des décisions politiques peuvent nous engager vers une telle libéralisation du secteur", déclarent les syndicats qui réaffirment leur "opposition à la concurrence qui favorise le dumping social".
Les syndicats citent pour exemple le fret qui, après des mesures de libéralisation en 2003 et 2006, a vu son activité décroître. La part de marchandises transportée par rail est passée de 17% à 9% dans un volume total qui n'a cessé de croître au profit du transport routier.

Selon eux, la réforme prévue "n'amène toujours pas de solutions concernant le financement et le traitement de la dette, si ce n'est de les faire porter en majeure partie par les cheminots via une nouvelle augmentation de la productivité".

"Si vraiment il y a recherche d'efficacité, c'est par la mutualisation des moyens et la rupture de la stratégie de cloisonnement de l'entreprise par activité qu'il faut agir", jugent-ils.
Estimant ne pas avoir reçu de réponse de la direction, après le dépôt de leur préavis de grève le 13 juin 2013, les cheminots exigent "une autre politique de l'emploi" face à "une déshumanisation des gares et des trains" et une revalorisation des salaires et des pensions de retraite.

avec AFP