Le constructeur italien, filiale du groupe Fiat qui produit ses autobus et autocars en France et en République tchéque, a annoncé son changement de nom le 26 mai 2013 à Genève, en ouverture du congrès de l'Union internationale des transports publics (UITP).

La marque au dauphin, Irisbus, née en 1999 du rachat par Iveco de l'activité autocar et autobus du groupe Renault et d'Heuliez bus disparaît au profit d'Iveco Bus. Dans un communiqué, l'industriel explique que l'objectif de ce changement est "d’assurer le développement et la reconnaissance des gammes autocars-autobus en les consolidant davantage au sein d’Iveco, principalement sur les marchés d’Amérique du Sud et de Chine où l’entreprise bénéficie déjà d’une importante présence".

 

Urbanway, successeur du Citelis

Un nouveau nom de baptème et surtout, une nouvelle gamme d'autobus, Urbanway, qui succède aux bus Citelis lancée il y a à peine huit ans. Le constructeur profite du passage aux normes euro 6 le 1er janvier 2014, pour revoir en profondeur l'architecture de ses véhicules. L'Urbanway se décline en trois longueurs (10,5, 12 et 18 mètres), est conçu autour de deux nouvelles motorisations (Tector 7 et Cursor 9), d’une cylindrée respective de 6,7 et de 8,7 litres.
Pour atteindre les performances de réduction des émissions exigées par Euro 6 (-80% pour les Nox et -90% pour les particules), les moteurs intègrent la technologie HI-eSCR mise au point par Fiat Powertrain et qui doit équiper l'ensemble de la gamme poids lourds du constructeur franco-italien.

La carrosserie de l'Urbanway a été entièrement redessinée pour offrir plus de capacité, plus de luminosité grâce à de larges baies vitrées et un nouvel espace conducteur plus ergonomique aux normes EBSF  (Système de bus européen du futur).

Le système d'éclairage extérieur comme intérieur utilise massivement les LED. La porte centrale a été décalée vers l'arrière pour mieux exploiter l'espace, offrant 1,5 mètre carré d'espace supplémentaire pour les passagers, ce qui permet de loger deux fauteuils roulants (au lieu d'un seul à bord du Citelis).


Maintenance facilitée

Pour répondre aux contraintes de maintenance des transporteurs, la ceinture de caisse est composée d’éléments facilement démontables : pare-chocs avant et arrière en trois éléments distincts, avec feux séparés pour éviter leur remplacement en cas d’accidents légers ; calandre et hayon arrière réservant un espace pour panneaux publicitaires. L'accès aux moteurs et au système de post-traitement (filtre à particules) a été simplifié pour faciliter les contrôles quotidiens et une maintenance rapide.

L'Urbanway qui se décline aussi en version bus à haut niveau de service (BHNS) propose des systèmes de propulsions alternatives comme le Gaz naturel et l'hybridation (diesel électrique). La version diesel sera dotée du "Stop & start" et la version hybride de la fonction "Arrive and Go" qui permet de rouler uniquement en électrique dans les parties les plus denses des centre-villes.

 

Le premier ministre en renfort

Pour Iveco Bus, leader sur le marché français de l'autobus (60% de part de marché dans l'urbain), le lancement de cette nouvelle gamme est un défi important. L'Urbanway va remplacer une gamme Citelis produite essentiellement en France et en République tchèque. Plus de 600 exemplaires par an sortent des chaînes de l'usine d'Annonay en Ardèche. En 2012, face à l'effondrement des marchés espagnols et italien, Iveco a en effet cessé sa production dans ces deux pays.

Si on ajoute à cette production ardéchoise, l'usine Heuliez bus de Rorthais (Deux-Sèvres), autre filiale du groupe, ainsi que la production de moteurs, ce sont plus de 4 000 emplois directs concernés en France. En octobre 2012, Pierre Lahutte, pdg d'Iveco Bus, inquiet de voir ses parts de marché grignotées par ses concurrents exhortait les transporteurs français et les collectivités à acheter français (lire son interview).
Le 31 mai, il va recevoir un renfort de poids avec la visite à Annonay du premier ministre Jean-Marc Ayrault et du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. L'occasion de saluer le label "Origine France Garantie" que l'usine d'Annonay vient d'obtenir pour plusieurs des véhicules.

Robert Viennet (à Genève)