Fin 2007, le Grand Chalon acceptait d'être le site pilote de "Call a bike", le système de vélos en libre service (VLS) développé par Deutsche Bahn Rent dans quelques villes allemandes, et exploité en France par Transdev. Vélib' venait d'être inauguré à Paris et les villes n'avaient d'yeux que pour la formule de JCDecaux. Chalon innovait et contribuait à élargir l'offre VLS.

Las, le test n'a pas été concluant. Cinq ans après, l'agglomération revoit donc sa copie et adopte le système de la société française Smoove, dont les différents produits ont déjà convaincu Montpellier, Grenoble ou Strasbourg. Le montage, lui, reste le même: le VLS est intégré à la délégation de service public (DSP) signée en 2012 entre l'agglomération et Transdev, actionnaire à 80% de la Stac, exploitant du réseau de transports urbains. 

Quelques secondes pour déverrouiller le vélo

Les 150 vélos sont disponibles dans 12 sites depuis le 15 avril 2013. Ils sont fleuris, comme les bus du réseau. Mais leur originalité est surtout technologique. Les vélos sont équipés d'une "smoove box" fixée au sommet de la potence. Dotée d'un lecteur de carte sans contact et d'un clavier, elle permet à l'abonné de déverrouiller le vélo en quelques secondes. Le client ponctuel doit au préalable se procurer un code, après une transaction en ligne ou sur un des deux totems installés au centre ville.

L'avantage du produit Smoove, comme celui de la formule allemande, est son économie générale: pas de lourds travaux de génie civil aux stations (le mot station n'est d'ailleurs pas utilisé), qui se limitent à des attache-vélos plantés dans le béton. Smoove a toutefois une meilleure ergonomie et un accès plus rapide que "Call a bike", qui nécessitait d'appeller de son téléphone portable lors de la location et lors de la restitution, et donc de consommer du forfait. Les 150 vélos ne généraient que 600 locations par mois, selon la Stac.

Pourtant, le grand Chalon a souhaité maintenir cette offre VLS. "Elle s'intègre maintenant dans une politique vélo globale, précise le président de la Stac, Ludovic Jourdain. La ville a adopté un schéma directeur vélo". La DSP inclut également un service de location longue durée de vélos: 20 vélos classiques, 20 pliants et 10 à assistance électrique (VAE).

Accès gratuit pour les abonnés au réseau

Disponibles dans la boutique Stac en centre ville, ces vélos seront loués pour des durées de un mois à trois mois (pliants et VAE) ou un an (vélos classiques). Les cibles sont multiples: voyageurs multimodaux pour les pliants, seniors, jeunes... Les tarifs varient de 25 à 50 euros mensuels.

Avec son nouveau VLS, le grand Chalon espère atteindre 1 300 utilisations de vélos par mois. La tarification de Reflex est peu élevée et favorise l'utilisation régulière. Pour les abonnés Stac, c'est gratuit. "L'intérêt, c'est de proposer une offre globale de mobilité. Il ne faut pas jouer les modes alternatifs les uns contre les autres", explique Ludovic Jourdain. De façon très classique, la première demi-heure d'utilisation est gratuite, puis chaque heure supplémentaire commencée est facturée un euro.

La formule s'inspire clairement des systèmes mis en oeuvre par Transdev et son partenaire Smoove dans des villes comme Valence, Avignon ou Montpellier. Particularité de cette offre: elle peut articuler plusieurs produits, comme le VLS et la location longue durée, voire l'installation de consignes à vélo.

La facture de cette prestation globale (VLS et location longue durée) s'élève à 485 000 euros d'investissement et 115 000 euros par an au titre de l'exploitation.

Hélène Giraud