Fin juin 2013, les clients du réseau de transports de l'agglomération strasbourgeoise pourront acheter et valider leur ticket de bus ou de tramway en tapotant simplement sur leur téléphone portable, si celui-ci est équipé de la technologie NFC. "Ce sera comme s'ils avaient dans leur poche à la fois un distributeur et des tickets", résume Camille Janton, la directrice commerciale de CTS.

Cette opération, qui engage franchement la CTS sur le chemin de la dématérialisation des titres de transports, est une première en France selon l'exploitant. Elle s'inscrit dans la politique de la ville et de l'agglomération en faveur de la technologie NFC. Labéllisée "territoire leader du mobile sans contact" et partie prenante de l'appel à projet national sur la ville numérique, Strasbourg multiplie les innovations.


Un système sophistiqué

Elles concernent le commerce: il est possible de règler ses achats avec son téléphone portable dans quelque 3400 magasins de la ville. Mais aussi dans le domaine de la mobilité: depuis octobre 2011, les automobilistes peuvent payer le stationnement en voirie. Et depuis avril 2012, les utilisateurs des bus peuvent connaître leur temps d'attente grâce à leur portable.

Le dispositif déployé en juin sera autrement plus sophistiqué. Le client doit d'abord télécharger l'application ad hoc sur son portable. Ensuite, de chez lui ou de n'importe où, il achète son titre de transport, ticket ou abonnement, en tapotant sur son téléphone. Enfin, une fois arrivé dans le métro ou le bus, il passe son portable à quelques centimètres des bornes pour valider le titre de transport.

Camille Janton insiste sur les mutliples fonctionnalités du système, qui permet d'acheter toute la gamme des titres de transports, y compris avec des tarifs réduits lors des pics de pollution par exemple; de faire son achat de n'importe quel point du territoire français; enfin de valider des tickets pour plusieurs voyageurs avec un unique téléphone.


Multiplier les canaux de vente

Autre avantage déterminant: un grand nombre d'opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Bouygues, SFR, NRJ) participent à l'opération. Ce qui multiplie d'autant le nombre de clients potentiels: ces derniers doivent bien sûr détenir un portable de type smartphone, équipé de la technologie NFC. Ce qui exclut les modèles anciens et les i-phones d'Apple.

L'objectif, c'est d'abord de multiplier les canaux de vente. "On sait bien que pour faciliter l'accès au réseau de transport, il faut faciliter l'accès au titre de transport", lance Camille Janton. Quelle proportion de la clientèle migrera vers des titres sans contact? Impossible à dire, reconnaît la directrice commercial. Tout comme il est difficile de chiffrer le retour sur investissemet. Mais la CTS s'intéresse forcément à la question.

Le système a déjà un site Internet. Il sera validé, en grandeur nature, par une centaine de "testeurs" courant juin 2013.

Hélène Giraud