La ville du ministre des Transports veut redonner du souffle à ses lignes de bus. "C’est une révolution car depuis 24 ans le réseau était exploité par Keolis", explique Christian Fourcroy, vice-président de la communauté d’agglomération du Boulonnais (22 communes, 120 000 habitants) en charge des déplacements.
"La différence de prix n’était pas très importante entre les trois candidats. RATP Dev a été plus accrocheur que Keolis et Veolia, et semblait avoir plus envie de venir travailler à Boulogne", ajoute l'élu.

La filiale de la Régie a également été retenue pour sa stratégie d’optimisation de l’offre de transport visant à booster la fréquentation et prendre en compte les enjeux sociaux du transport public. "En 2012, nous avons subi 26 jours de grève dure. Cela fait mal. Keolis a géré ce problème, mais peut-être pas aussi adroitement que nous l’aurions souhaité". Cet élément a été décisif dans le changement d’opérateur. 

RATP Dev a décroché un contrat de huit ans, portant sur un chiffre d’affaires annuel d’environ 10 millions d’euros. "En lui donnant un peu plus de temps, nous avons voulu donner sa chance à ce transporteur qui est un peu le petit dernier sur le marché du transport public".

 

Quatre mois pour une restructuration

L’objectif des élus est de changer les habitudes de déplacement et redonner du souffle aux transports publics boulonnais. " Il s’essouflaient car ils n’étaient pas structurés de façon pertinente", précise Jacqueline Jury, directrice de la Compagnie des transports du boulonnais. En place depuis le 1er janvier 2013, la nouvelle équipe a eu quatre mois pour concevoir une nouvelle offre de transport qui progresse de 8%, avec 2,9 millions de kilomètres.

Le principe a consisté à lui donner une plus grande lisibilité. Première action : la diamétralisation dans le but de rendre les trajets plus directs et plus courts. "Auparavant, l’organisation des lignes occasionnait des ruptures de charge importantes. C’était dissuasif". Deuxième action : le cadencement.
Sur les huit lignes principales, des fréquences à 20 et 30 minutes ont été instaurées, et un inter-cadencement a été mis en place sur celles qui desservent le centre ville. "Par un système de nattage, des bus sont injectés à intervalles réguliers. Ce qui nous permet de porter la fréquence à 10 minutes sans déshabiller l’offre sur les autres services", précise la responsable. Par ailleurs, une navette de centre-ville gratuite avec arrêt à la demande et une ligne de soirée ont été créées. Ce service fonctionne de 20h à minuit et relie les pôles générateurs de trafic où les salariés travaillent en 2/8.

En revanche, les horaires et itinéraires des six lignes périurbaines et des quatre circuits de transport à la demande n'ont pas bougé. "Par mesure de précaution et comme les données chiffrées étaient insuffisantes, nous avons décidé de ne pas modifier l’offre de ces services. Nous allons lancer une enquête origine/destination lors du quatrième trimestre afin de déterminer de façon beaucoup plus fine quels sont les besoins". A la suite de quoi des évolutions seront proposées à la collectivité.

 

Nouveau nom, nouvelle découpe

A son arrivée à Boulogne, RATP Dev a rebaptisé le réseau : les TCRB sont devenus Marinéo. Ce nom évoque à la fois le changement à travers le suffixe "néo" et la situation du réseau sur le littoral de la côte d’opale, rappelée par la forme de vague qui l’entoure et le souligne. La couleur orange symbolise l’énergie et le dynamisme. Le turquoise témoigne de l’importance accordée par son exploitant aux considérations environnementales.

Nouveau nom assorti d’un nouveau logo et d’une nouvelle livrée. "Le 29 avril, quatre bus seront aux nouvelles couleurs et nous en aurons entre 30 et 40 en l’espace de 18 et 24 mois". Le parc s’élève actuellement à 77 véhicules dont 30 au gaz naturel. Autre nouveauté, l’identification des lignes sous forme de lettres. L’ensemble de ces mesures devrait contribuer à accroître la fréquentation. Laquelle s’est élevée en 2012 à plus de 9,1 millions de voyages. "RATP Dev nous a dit pouvoir donner une nouvelle dynamique à ce réseau et augmenter de 4 à 5% la clientèle. Ce serait formidable", souligne Christian Foucroy. "Si c’est le cas, la contribution forfaitaire diminuera".

Christine Cabiron