"Pour nous Hélyce est un vrai succès. Nous sommes vraiment contents", indique Olivier Richard, vice-président en charge des grands services publics à la communauté d'agglomération de Saint-Nazaire. Satisfaction donc au regard des résultats enregistrés fin février 2013 qui se sont traduits par une augmentation des recettes de 25% (entre 2,5 et 3 millions d'euros par an) et de 15% de la fréquentation globale. Sur les 20 000 voyages enregistrés quotidiennement, Hélyce en assure la moitié. Une raison à cela, les pôles desservis. Déployée sur 9 kilomètres (dont 6 sont en site propre) et dotée de 20 stations, cette ligne relie les zones d'activités commerciales, les établissements scolaires et universitaires, les quartiers d'habitat collectifs, le centre-ville, la cité sanitaire et les grands pôles industriels que sont Airbus et les chantiers de l'Atlantique. "Cette ligne facilite les déplacements domicile/travail et études", rappelle l'élu. Au point qu'il a fallu accroître la fréquence à 7h30, mais aussi à 15h30 et 16h30. "Nous avons injecté trois courses partielles pour gérer ces heures de pointe et éviter la saturation", explique Antoine Bouvet, directeur de la STRAN. En dehors de ces créneaux, la fréquence de 10 minutes est restée inchangée. Par ailleurs, le transporteur a réussi à capter une nouvelle clientèle : les actifs. "Avec 8000 abonnés, la part des abonnements a progressé de 10%, dont 50% d'actifs. C'était clairement la cible que vous visions". Un résultat à mettre à l'actif des actions de communication menées en direction des entreprises situées le long de cet axe.

 

Une ville plus belle et plus fluide

"Comme toutes les villes qui ont créé un TCSP, nous avons reçu et entendu beaucoup de critiques pendant les travaux", se souvient Olivier Richard. "En trois mois, tout cela a été oublié. Les gens estiment aujourd'hui que ce BHNS contribue à la beauté de la ville et à sa fluidité". La collectivité a profité de ce projet pour réaliser plusieurs aménagements urbains : rénovation des façades avenue de la République, création d'un pôle d'échanges à la gare, construction d'un pont entre celle-ci et la commune de Trignac, de cheminements piétons, de pistes cyclables. Pour cela, l'enveloppe budgétaire est passée de 22 à 56 millions d'euros. Fluidité car la réduction de places de stationnement en centre-ville et la construction  de deux parcs relais dissuadent les automobilistes d'entrer dans Saint-Nazaire. "Hélyce est à la fois un succès urbain et de mobilité". "En 2009, nous avions un taux de satisfaction de 49%. Ce qui était tout juste acceptable", rappelle Antoine Bouvet. "En 2011, nous nous sommes cassés la figure à cause des travaux qui ont impacté 80% de notre offre". Conséquence : un taux de satisfaction de 38%. Hélyce et la restructuration du réseau menée conjointement ont permis de redresser la barre.

 

62% de clients satisfaits

En effet avec une offre en progression de 10% (4,2 millions de kilomètres), l'ensemble de l'organisation a été remise à plat. "En une nuit nous avons tout changé (les itinéraires, la numérotation des lignes) et instauré un cadencement à 20 minutes sur les 4 lignes urbaines". Pour accompagner ce changement, un dispositif d'information a été déployé pendant trois semaines. "Tous les salariés de l'entreprise sont descendus sur le terrain pour orienter les clients". Ce travail a porté ses fruits puisque aujourd'hui, l'indice de satisfaction s'élève à 62% et à 80% pour Hélyce. "En note globale, nous obtenons près de 15/20 et Hélyce décroche plus de 16/20". Autre satisfecit : pour 76% des personnes interrogées la STRAN a progressé dans son ensemble. A contrario 5% considèrent qu'elle s'est dégradée. "Selon Epsilon, le cabinet en charge de cette enquête, il est rare d'atteindre un tel score. D'habitude il y a toujours des récalcitrants qui regrettent la situation antérieure ou qui apparaissent déstabilisés dans leurs habitudes. A Saint-Nazaire, cette cible est marginale".

Alors qu'Hélyce est exploité avec 14 Citaro articulés, la collectivité a accéléré le nouvellement du parc affecté aux quatre lignes régulières avec l'achat de 7 bus.  Autre décision prise avec la ville de Saint-Nazaire : la réfection de la voirie. "Quand on prend Hélyce, on roule sur un tapis", précise Olivier Richard. "Ailleurs, on a le sentiment de rouler sur une piste dans le désert. Or, nous ne voulons pas avoir un réseau de bus à deux vitesses".Christine Cabiron