A l'été 2013, les visiteurs du Mont Saint-Michel n’auront plus à marcher 900 mètres pour prendre une navette de transport public et parcourir la même distance pour récupérer leur véhicule, stationné sur le nouveau parking. Une décision prise par le syndicat mixte Baie du Mont Saint-Michel en charge du rétablissement du caractère maritime de ce site touristique. C’est dans ce contexte-là qu’il avait été décidé en 2009 de supprimer les 15 hectares de stationnement construits au pied du site touristique pour les reporter à 2,5 kilomètres sur la terre.

Ce qui nécessitait de créer un système de transport public. Un projet piloté depuis 2009 par Transdev dans le cadre d’une délégation de service public. Ce contrat inclut la construction et l’exploitation de trois bâtiments d’accueil et d’un parking de 4 150 places. A cela s’ajoutait l’exploitation de deux types de navettes : le Passeur (un bus réversible long de 14,5 m et large de 2,70 m, doté de deux cabines) et les Maringotes, des calèches de 50 places tirées par des chevaux de trait. Deux services dont l’arrêt était situé à environ 900 mètres du parking de stationnement. Une distance jugée trop longue par les visiteurs, les professionnels du tourisme et les acteurs économiques. Notamment les jours où la météo est mauvaise.

 

Contrat renégocié

Face à ces critiques, le syndicat mixte Baie Mont Saint-Michel a donc demandé à Transdev de revoir sa copie sur plusieurs points. Tout d’abord, le départ des navettes sera regroupé sur le parking et limitera de fait l’obligation de marcher. Ensuite, Transdev devra mettre en exploitation les Maringotes. Ce qui aurait dû être le cas en 2011, mais ce prototype (développé par Veolia Environnement, Recherche et Innovation) n’a pas pu être mis au point. "Pour autant les chevaux ont été entraînés et les meneurs formés", indique-t-on au Syndicat mixte. Transdev s’est donc engagé à acheter quatre calèches de 25 places.

Enfin, la collectivité a demandé à ce que la qualité de service et de l’accueil soit améliorée. Notamment par un meilleur système d’information et une meilleure signalétique. "Il faut monter d’un cran dans ce domaine, car on n’est pas n’importe où !". Cette nouvelle organisation s’est traduite par une hausse du budget d’investissement et d’exploitation. Quatre millions d’euros vont être affectés à la construction de nouveaux quais et abris, ainsi qu’à l’achat des calèches. Par ailleurs, les frais de fonctionnement vont augmenter de 7 millions d’euros, répartis sur neuf ans.

 

Stationnement plus cher

Cette hausse sera prise en charge par la collectivité à hauteur de 1,3 million d’euros, par le transporteur qui investira 2,3 millions d'euros supplémentaires et par les recettes commerciales. C’est pourquoi il a été décidé d’augmenter les prix du stationnement. Garer sa voiture coûtera désormais 12 euros (8,50 en 2012) et donnera l’accès gratuit au Passeur. Les propriétaires de camping-cars paieront pour leur part 20 euros, contre 12,50 euros l’année dernière.

En revanche, le tarif restera inchangé pour les autocaristes et les motards. "Nous avons certes augmenté les tarifs, mais en contrepartie nous avons élargi la gamme", se défend le syndicat mixte. Ainsi un tarif nocturne de 4 euros a été créé pour les touristes souhaitant passer une nuit sur le Mont Saint-Michel. Tout comme il a été prévu un stationnement de courte durée, limité à 2 heures (6 euros). A cela s’ajoutent des abonnements pour les habitants du Grand Pontorson et pour les salariés du Mont. Du coté des transports publics, la Maringote sera accessible pour 5 euros par personne, somme à ajouter au prix du parking. Le Passeur restera gratuit.

En 2012, le Mont Saint-Michel a été visité par 2,3 millions de personnes. Le syndicat mixte a recensé 1,3 million de voitures, 891 000 autocars, 49 000 camping-cars, 9 000 motos et 17 000 cyclistes.

Christine Cabiron