Le premier groupe français de transport public efface Veolia de son nom. Pour ce secteur, c'est la fin d'une époque marquée par la course à la taille critique et la conquête de marchés étrangers. C'est surtout, en interne, le signe que le groupe en a fini avec la période du "non-choix", pour reprendre la formule de Jean-Marc Janaillac.
Quatre années d'un mariage raté, pendant lesquelles deux organisations et deux cultures ont cohabité sans qu'une identité commune émerge. "Transdev est une marque connue et appréciée, martèle aujourd'hui son patron. Nous avons fait ce choix pour nos clients".

Le nouveau pdg, qui présentait le 26 mars 2013 la nouvelle stratégie du groupe à la presse, se donne trois ans pour redresser l'entreprise et notamment résorber la dette, qui s'élève fin 2012 à 1,9 milliard d'euros. Une augmentation de capital est en cours pour un montant de 800 millions d'euros, souscrite à hauteur de 520 millions d'euros par la Caisse des Dépôts, qui deviendra l'actionnaire majoritaire, et à hauteur de 280 millions d'euros par Veolia.

Des cessions d'actifs sont par ailleurs prévues. La première phase porte sur la SNCM et les activités dans les pays de l'Est, cédées à la Deustche Bahn. Les parties attendent l'avis de l'Autorité de la concurrence. Dans une seconde phase, Transdev compte se séparer d'activités non rentables, ou nécessitant trop d'investissements : en Allemagne, Finlande, Suède et Belgique, pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.
Aux Pays-Bas, le groupe se séparera des anciennes activités de Veolia mais conservera Connexxion. Si ces ventes se réalisent, Transdev ne réalisera plus que quelque 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 8,2 milliards aujourd'hui (en incluant la SNCM et les pays de l'Est).


Renégocier les contrats déficitaires

Second objectif : améliorer le résultat opérationnel de 30% d'ici à fin 2015. En 2012, le résultat est négatif de 380 millions d'euros, dont 320 millions pour dépréciation d'actifs et 60 millions de pertes d'exploitation courante. Comment s'y prendre ? D'ores et déjà, un plan d'action a été établi pour renégocier au maximum les contrats déficitaires, dans une quinzaine de villes. Cela a été fait à Saint-Etienne ou au Creusot, par exemple. Jean-Marc Janaillac évoque aussi un effort pour maîtriser les coûts de fonctionnement, à commencer par ceux de l'état-major du groupe.

"Lors de la fusion, Veolia Transdev était présenté comme le leader mondial du transport, rappelle le pdg. Ce positionnement ne sera plus le nôtre. Nous voulons être un gestionnaire de mobilité multimodale, en nous appuyant sur notre expertise du transport à la demande, du transport interurbain et des services numériques".
Le groupe compte notamment sur son partenariat avec IBM pour proposer son offre "smarter mobility" aux villes. Ainsi "resserré", présent dans 17 pays et non plus 27, le groupe entend repartir à l'offensive et être dans la course au moment de l'ouverture à la concurrence en France des TER, en 2019.

Certes, le groupe a perdu beaucoup de contrats en 2011, et son chiffre d'affaires 2012 (hors cessions) est en retrait de 400 millions d'euros. Mais Jean-Marc Janaillac croit au potentiel de rebond : "Nous restons une entreprise forte, qu'il ne faut pas trop vite enterrer..."

Hélène Giraud