Recharger son smartphone par induction, c'est possible. De là à faire rouler des bus… Le groupe Bombardier essaie de relever le défi.
Après avoir expérimenté le concept sur un tramway sans caténaire ni troisième rail à Augsbourg (Bavière), le constructeur ferroviaire canadien va tester des bus équipés de la technologie "Primove" à Mannheim (Bade-Würtemberg).

Le principe ? Les batteries se rechargent par induction au niveau du sol, grâce à un champs électromagnétique. Sans fil, ni contact. Les systèmes fournisseurs d'énergie sont installés sous la chaussée aux arrêts, le système récepteur est logé, lui, sous le plancher du bus.


Biberonnage

La charge dure à peine une vingtaine de secondes, le temps pour les passagers de monter ou descendre du bus. Cette technologie surnommée "biberonnage" permet au bus d'emmagasiner assez d'énergie pour rouler jusqu'à l'arrêt équipé suivant (voir la vidéo explicative - en anglais).

Principal avantage, les véhicules ne sont plus contraints de rester régulièrement immobilisés pendant de longues heures pour être rechargés. Ce concept éviterait également le recours aux trolleybus et leurs lignes aériennes d'alimentation (Lac) jugées peu esthétiques par les élus et leurs administrés. "Tout en étant compétitif", assure Bombardier.

Le constructeur canadien qui teste déjà son système sur un circuit d'essai à Lommel en Belgique, garantit que sa technologie "Primove" fonctionne dans n'importe quelle condition climatique, y compris si la route est enneigée.


Une ligne en 2014

A partir du deuxième semestre 2014, deux bus équipés de cette technologie Primove vont circuler sur la ligne 63 du réseau de Mannheim, dans le sud-ouest de l'Allemagne, dont les arrêts seront spécialement aménagés. L'expérimentation est prévue pour un an et devrait être prolongée en cas de succès.

"Nous voulons mettre à l'essai cette technologie sur une ligne urbaine très fréquentée pour démontrer qu'elle convient à une utilisation courante", explique Martin in der Beek, directeur technique chez Rhein-Neckar-Verkehr (RNV), l'opérateur du réseau de transports de l'agglomération badoise qui teste déjà Primove sur un tramway à Augsbourg.
Pour Bombardier, il s'agit de prouver que sa technologie "s'intègre parfaitement aux réseaux déjà existants".

Le projet est subventionné à hauteur de 3,3 millions d'euros par le gouvernement allemand, pour un coût total de dix millions d'euros. Le maire de Mannheim, Christian Specht, espère ne pas en rester là : "Nous préparons le terrain […] pour d'autres lignes à Mannheim et dans la région métropolitaine Rhein-Neckar", promet l'élu. Dans le nord de l'Allemagne, la ville de Brunswick serait elle aussi intéressée, et prête à faire l'expérience.

Aubin Busalb


Primove, comment ça marche ?  (en anglais)


source : Bombardier