Qui a dit que les téléphériques étaient réservés aux seules stations de sports d'hiver ? Après Brest qui aura le sien en 2015 mais aussi Grenoble, Toulouse et le département du Val-de-Marne qui y réfléchissent sérieusement, le projet de métrocâble pour Beziers est dans l'air.

Le "Gafarot", un nom tiré de l'occitan qui signifie "passeur de rivière", relierait les écluses de Fonsérannes, l'un des lieux les plus visités du canal du Midi (environ 500 000 visiteurs annuels), au centre-ville de Beziers, situé à environ deux kilomètres en amont. Objectif : attirer les visiteurs vers le cœur historique de l'agglomération. "Aujourd'hui, à peine un dixième des personnes qui visitent le site des écluses va jusqu'au centre-ville, qui est en train de se vider de ses habitants et ses commerces", constate Guilhem Johannin, candidat d'Europe-Ecologie Les Verts (EELV) qui défend le projet. "Ce téléphérique serait un moyen de créer un lien entre les écluses et le centre, pour y apporter de la vie".


22 millions d'euros

Il a donc demandé à l'entreprise Poma, constructeur du téléphérique de Medellin (Colombie) et de Saragosse (Espagne), de réaliser un devis du projet biterrois. Poma a imaginé une infrastructure sous forme de télécabines d'une dizaine de place chacune, pour un débit total de 800 personnes par heure. Elles permettraient de parcourir les 2,2 kilomètres du trajet esquissé par le candidat d'EELV entre les écluses et le centre-ville, qui enjambe la rivière Orb et les voies ferrées de la gare de Beziers. Entre les deux terminus, trois stations intermédiaires, notamment au niveau de la gare SNCF. Le tout pour un coût estimé à 22 millions d'euros.

A Béziers, le projet semble avoir un écho favorable. Interrogés dans un sondage publié par Le Midi Libre sur son site Internet, 22% des votants estiment que ce transport par câble serait une excellente idée, et près de 40% pensent que l'idée mérite d'être creusée. Le projet du "Gafarot" sortira-t-il des urnes en 2014 ?

Aubin Busalb