L'idée fera crisser les pneus de plus d'un automobiliste. Généraliser le 30 km/heure en ville, c'est l'ambition de plusieurs associations françaises de piétons, de cyclistes, d'usagers des transports publics et de loueurs de voitures partagées. Elles ont lancé le 8 février 2013 une pétition à l'échelle européenne pour parvenir à leurs fins.

Selon ses instigateurs, abaisser la vitesse limite en zone urbaine permettrait de diminuer le nombre de morts et d'accidents graves : "Pour un piéton ou un cycliste, un choc à 30 km/h a neuf fois moins de chance d'entraîner la mort qu'un choc à 50 km/h", martèle Claude Liévens, de la Fédération des usagers de la bicyclette (Fubicy), l'une des associations à l'origine de la pétition. Lancée à 30 kilomètres/heure, une voiture n'a besoin que de 13 mètres pour s'arrêter, contre pratiquement 28 mètres si elle roule à 50.


"Fermer la parenthèse du tout automobile"

Autres arguments pour réduire la vitesse en ville, apaiser la circulation urbaine pour inciter l'usage des modes de transport doux, comme le vélo ou la marche à pied, ou encore réduire la pollution sonore. "Nous ne sommes pas anti-automobiles, mais nous pensons qu'il faut en maîtriser son usage", estime Jean Sivardière, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), qui participe également à la campagne.

Les chiffres 2012 de la sécurité routière montrent toutefois une baisse du nombre de piétons tués (-7,1%), alors que la mortalité augmente chez les cyclistes (+9,9%).

Selon les promoteurs du 30 km/h en ville, la perte de temps serait minime pour les automobilistes. Même limitée à 50, la vitesse moyenne en ville ne dépasse pas 20 km/heure. La ramener à 30 km/h aurait pour conséquence de baisser la vitesse moyenne que de 10%, explique le site du collectif "30 km/h, redonnons vie à nos rues".
Il ne s'agit pas de rouler à 30km/h partout en ville, les associations sont favorables au maintien du 50 km/heure sur les grands axes de transit.


Expérimentations en France et en Europe

Plusieurs villes européennes comme Graz (Autriche), Berlin, Munich, Cologne et Karsruhe (Allemagne) et d'autres aux Pays-Bas ont déjà imposé des zones 30 dans la majorité de leurs rues. En France, Lorient, Sceaux ou Fontenay-aux-Roses l'appliquent aussi. Mais d'autres ont dû faire marche arrière : à Strasbourg par exemple, les habitants, consultés par le maire Roland Ries, ont refusé à 55% la généralisation du 30 km/heure.

La nouvelle campagne lancée par le collectif d'associations françaises a jusqu'au 13 novembre 2013 pour recueillir au moins un million de signatures, dont 55 000 en France. Passé la barre du million, Bruxelles devra se saisir du sujet et pourrait proposer une nouvelle réglementation.

Aubin Busalb

Consulter le site de l'initiative citoyenne européenne