En 2012, les Français ont acheté plus de vélos que de voitures neuves (1). Avec 3,3 millions de cycles vendus en 2012 (et 400 000 volés !) le pays est dans le peloton de tête des Européens pour la pratique du vélo : sport, loisir ou pour aller travailler. Ce n'est donc plus seulement un sport ou une promenade dominicale, c'est aussi un mode de déplacement.

Difficile toutefois de connaître exactement quelle part les deux-roues non motorisées représentent dans les déplacements domicile-travail en France, mais selon le Club des villes et territoires cyclables (environ 200 collectivités locales adhérentes), qui présentait le 22 janvier 2013 les résultats d'une étude Sofres sur la pratique du vélo (2) à télécharger ci-dessous, 5,3% des actifs utilisent un vélo pour se rendre sur leur lieu de travail au moins quelques jours par semaine. Et 14,4% prennent les transports publics.

On est encore loin de Copenhague au Danemark avec 38% de déplacements réalisés en vélo, mais la pratique se développe en France, sans doute à la faveur des systèmes en libre-service (VLS) qui se déploient dans les villes françaises. Velo'v à Lyon suivi de Velib' à Paris ont essaimé dans de nombreuses agglomérations de l'Hexagone, et les VLS sont même souvent inclus dans les appels d'offres pour les marchés de transport public.

Toujours selon l'étude Sofres, ce sont les habitants des villes centres des agglomérations qui utilisent le plus la petite reine pour les trajets domicile-travail : 10,6% tous les jours ou presque (c'est le cas à Bordeaux, en photo) contre 6% dans les autres villes, et 1,4% en milieu rural.
En Ile-de-France, l'usage du vélo sur le trajet domicile-travail a doublé en dix ans pour atteindre 250 000 déplacements par jour selon les chiffres du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif).


Quelle suite pour le Plan national vélo ?

Pour inciter les Français à monter en selle plutôt que de prendre le volant pour aller au travail, une mesure d'un Plan national vélo présentée sous la mandature de Nicolas Sarkozy envisageait une indemnité kilométrique de 0,20 euro du kilomètre (exonérée de cotisations sociales) payable par les entreprises à leurs salariés cyclistes. Sur le modèle de la Belgique où la mesure existe depuis 1999, et sur celui du remboursement par les entreprises françaises de la moitié de l'abonnement de transport en commun, depuis 2009.

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2013, un amendement en ce sens avait été adopté au Sénat, mais il n'a finalement pas été voté par le Parlement. Deux autres amendements non adoptés proposaient que les employeurs bénéficient d'une réduction de cotisations sociales "égale aux frais générés par la mise à disposition gratuite à leurs salariés, pour leurs déplacements entre leur domicile et le lieu de travail, d'une flotte de vélos dans la limite de 25% du prix d'achat" de cette flotte.

"L'actuel gouvernement réétudie tout cela, une hiérarchisation des mesures est en cours", a indiqué Dominique Lebrun, coordonnateur interministériel pour le développement de l'usage du vélo, lors du point presse du Club des villes cyclables. Dans le troisième appel à projets de transport collectifs en site propre (TCSP) annoncé le 11 janvier 2012 par Frédéric Cuvillier, le vélo aura sa place, a indiqué le ministre des Transports.

Et comme le vélo, c'est bon pour la santé, le ministère de Marysol Touraine se penche aussi sur le sujet, a poursuivi le discret coordonnateur interministériel.

Nathalie Arensonas



(1) 2,5 voitures neuves (toutes marques confondues), se sont écoulées en 2012 selon le Comité des constructeurs français d'automobiles.


(2)
Étude réalisée en automne 2011 par MTI Conseil et la Sofres à la demande du Club des villes et territoires cyclables et de la Coordination interministérielle pour le développement de l'usage du vélo (ministère de l'Ecologie) sur un échantillon de 3 945 individus représentatifs de la population française de 15 ans et +.