"Notre réseau a vieilli, c'est un actif public de toute la nation et nous sommes redevables de la pérennité de ce patrimoine", a déclaré Jacques Rapoport qui était auditionné le 12 décembre 2012 par la commission du développement durable du
Sénat dans le cadre du processus de sa nomination.
Directeur général adjoint de La Poste, il a été proposé à la présidence de Réseau ferré de France (RFF) par le gouvernement, où il sera l'un des hommes-clés de la réforme du rail français.

Lors de son audition au Sénat, il a évoqué la nécessité des travaux de maintenance et de rénovation en cours sur le réseau ferré et insisté sur les développements à opérer compte tenu de l'augmentation constante des besoins de transports des populations.


Le défi de l'ouverture à la concurrence

Autre grand défi, selon lui, le financement du système actuellement déséquilibré et dont la dette d'environ 38 milliards d'euros (SNCF et RFF réunis) s'accroît chaque année de 1,5 milliard d'euros. "Nous avons à résoudre cette grave crise financière et il faut parallèlement se préparer à l'ouverture à la concurrence" pour le transport national des voyageurs, voulue par Bruxelles en 2019.
"Compte tenu de l'ampleur du système ferroviaire, 2019 c'est demain et c'est donc aujourd'hui qu'il faut se préparer à la concurrence avec comme objectif le fait que l'excellence française doit l'emporter", a déclaré le dirigeant qui a dit vouloir inscrire son action dans ce cadre.

Après son audition au Sénat, Jacques Rapoport a été auditionné par la commission du développement durable de l'Assemblée nationale et devrait être ensuite nommé par décret du président de la République. Sa candidature a été "largement validée" par les parlementaires des deux commissions, a-t-on appris auprès de RFF.


Réunification du réseau et des trains

Pour rappel, le gouvernement a présenté fin octobre son projet de réforme ferroviaire qui prévoit de rassembler au sein d'un gestionnaire d'infrastructure intégré (GIU) RFF, la Direction de la circulation ferroviaire (DCF) et les cheminots de la SNCF travaillant à la maintenance du réseau (SNCF Infra).
Soucieux de dépassionner le débat, Jacques Rapoport a plaidé pour ce rattachement qui constitue, selon lui, "l'interface" nécessaire entre le savoir-faire historique de la SNCF et la dimension technique du réseau ferré.
"Le système ferroviaire constitue un ensemble, il n'y a pas d'un côté les trains et de l'autre les rails mais un système global dans lequel les acteurs doivent travailler ensemble mais où "chaque fonction doit pouvoir disposer des leviers d'action pour assumer ses responsabilités", a estimé le futur patron du réseau ferré.

Concernant le volet social de la réforme, il a indiqué qu'il devait préserver le statut des cheminots qui est "un actif essentiel du système et garantit le cohérence de l'entreprise".

(avec AFP)