Le Havre est la 26e agglomération française, depuis 1985, à renouer avec le tramway. Longue de 13 kilomètres avec 23 stations, cette ligne en forme de Y est orientée nord-sud. Dans sa zone sud, le tramway dessert la gare, l’Hôtel de ville, les services administratifs (palais de justice, gendarmerie, police, sécurité sociale), la plage et un pôle commercial.

Dans le nord, à partir de la place Jenner, la ligne se scinde en deux. La branche ouest dessert les quartiers de la Mare Rouge et de Mont Gaillard. La branche Est dessert pour sa part une zone d’habitat collectif et un IUT. Dans ce corridor, 90 000 habitants (plus d’un tiers de l’agglomération) se trouveront à moins de cinq minutes à pieds d’une station.


Une ville embellie

Ce projet a été l’occasion d’embellir Le Havre. La grande majorité des rues traversées par le tramway ont été rénovées et arborées. Un nouvel éclairage public a été installé. Des pistes cyclables ont été aménagées le long du tracé et dotées de parcs à vélos sécurisés. Par ailleurs, d’importants aménagements urbains et paysagers apportent une nouvelle physionomie aux abords de la plage.

Autre grand chantier emblématique : le creusement d’un tunnel de 575 mètres, entièrement dédié au tramway. Cet ouvrage permet de relier la ville basse à la ville haute. Cette ville a en effet la particularité d’être scindée en deux avec un centre-ville et le port maritime construits en bord de mer et des quartiers résidentiels qui se sont développés sur un plateau situé à environ cent mètres d’altitude. L’ensemble de ces travaux d’aménagement et d’embellissement n’a pas alourdi la facture du tramway puisqu’ils ont été financés par la ville du Havre.


Apres le tram le BHNS ?


Le tramway a coûté 395 millions d’euros, dont 23% proviennent de subventions publiques : l’Etat (48,1 millions d'euros), le conseil général de Seine-Maritime (14,05 millions), le Feder (10 millions), la région Haute-Normandie (10 millions). Le reste du financement est issu de l’emprunt (60%) et du versement transport (17%). Un budget respecté, tout comme les délais de réalisation. "Ce chantier a duré deux ans, comme prévu. Nous avons été bons", se félicite Daniel Fidelin, vice-président en charge de la mobilité et des transports publics au sein de la CODAH (17 communes, 270 000 habitants).


Alors que le tramway n’entre pas dans la zone portuaire, les élus de la communauté d’agglomération envisagent la création d’une ligne de Bus à haut niveau de service destinée à ce site industriel. Ce BHNS desservirait les docks, et le nouveau quartier Saint- Nicolas en cours d’urbanisation, ainsi que le nouveau bassin de plaisance.


Christine Cabiron avec Robert Viennet