Pour asseoir un président sur un fauteuil de président, il suffit parfois de repousser l'âge légal de la retraite : André Santini, 69 ans, a été élu le 21 juillet à la tête du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP), alors que la dérogation concernant l'âge limite des dirigeants d'établissements publics est de 65 ans.

C'est que le gouvernement compte mettre en place rapidement les nouvelles instances prévues par la loi sur le Grand Paris promulguée le 3 juin 2010, malgré la démission de Christian Blanc qui était en charge du développement de la région-capitale (lire le blog "Fumer ne tue pas").
La SGP est en effet le bras armé de la réforme du Grand Paris qui prévoit la double boucle de métro automatique défendue par l'ancien secrétaire d'Etat à la région capitale, et contestée par la gauche francilienne.


Poste sur-mesure


Au Sénat, lors de l'examen du projet de loi sur le Grand Paris en avril 2010, Christian Blanc avait proposé que le conseil de surveillance comprenne le président de la région Ile-de-France (Jean-Paul Huchon, PS), le maire de Paris (Bertrand Delanoë, PS), les autres présidents de conseils généraux de l'IdF, un représentant des communes et intercommunalités, l'Etat étant majoritaire.

Finalement, c'est le maire d'Issy-les-Moulineaux (Nouveau Centre) qui a été élu à ce poste taillé sur mesure. André Santini était le seul candidat après le retrait du président (PC) du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier. Mais il cumule d'autres fonctions : conseiller régional, vice-président d'une Communauté d'agglomération, président du Sedif etc.


"Un Epad à l'envers"


"C'est un Epad bis", a dénonçé après l'élection le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. "Ce n'est pas une élection, c'est une désignation !", a poursuivi le président (PS) du conseil général du Val-d'Oise, Didier Arnal.
La gauche reproche surtout à André Santini âgé de 69 ans, d'avoir bénéficié d'un aménagement des textes de 1984 repoussant la limite d'âge pour la présidence d'un établissement public. Une dérogation qui avait été refusée à Patrick Devedjian pour l'Epad, ouvrant la voie à Jean Sarkozy.

Le débat public sur la double boucle de métro de Christian Blanc et le projet de rocade ferroviaire Arc Express soutenu par la région et le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), doit commencer le 1er octobre 2010. La tâche d'André Santini s'annonce délicate.