Stabilité des dépenses

Résultat de cette âpre bataille, Keolis s'est engagé, pour les cinq ans du contrat, sur une augmentation de fréquentation de 25%  (de 71 à 89 millions de voyages/an) et 18% des kilomètres offerts, le tout sans augmentation de la contribution forfaitaire de la collectivité locale qui sera de l'ordre de 54 millions d'euros par an (1), soit 269 millions. Une stabilité des dépenses due aux efforts de productivité de l'opérateur et à une "évolution tarifaire annuelle moyenne de deux points au-delà de l'inflation".

Depuis plusieurs années le réseau rennais s'est en effet engagé dans une politique d'amélioration de son ratio recette d'exploitation/dépense d'exploitation, qui mesure la contribution des usagers au coût du transport. "En 2012 les recettes tarifaires ont couvert 46% de nos dépenses, en 2017, au terme du contrat, ce taux passera à 51%, le reste étant apporté par les contribuables", explique Guy Jouhier.

Pour l'élu rennais "il n'y a pas de miracle. Le métro qui transporte 44% des voyageurs du réseau est au petit équilibre - les recettes couvrent les dépenses de fonctionnement - et nous avons créé des lignes de bus majeures dont la fréquence atteint en heure de pointe 4 à 5 minutes. En fiabilisant notre offre de transport, nous attirons plus de clients et nous améliorons nos recettes, ce qui nous permettra d'investir encore dans la qualité de service." Un cercle vertueux en quelque sorte.


Synergie entre Star et Handistar


Nouveauté, cette délégation de service public du réseau urbain Star englobera le réseau transport de personnes à mobilité réduite (PMR) Handistar qui était déjà exploité par Keolis. "En 2015, comme la loi nous y oblige notre réseau devra être accessible. C'est déjà le cas du métro et de 31 lignes sur une soixantaine." L'idée de Rennes métropole "validée par le collectif handicapés de Rennes" est de mettre en synergie les deux réseaux et d'inciter les PMR à utiliser le réseau classique quand ils le peuvent. "La gamme tarifaire des deux réseaux sera la même dès janvier 2013, ce qui représente un gros avantage quand on sait qu'un voyage en Handistar coûte une trentaine d'euros à la collectivité", précise Guy Jouhier. Pour autant la marque et le service Handistar seront conservés et les ayants-droits du service pourront l'utiliser quand ils le souhaitent.

Autre nouveauté, Keolis est chargé de lancer un service de location de vélos moyenne et longue durée (3 mois à 1 an) qui complétera le système de vélos en libre-service "Vélostar" lancé en 2010 et, lui aussi, confié à Keolis. "Je pense que pour le prochain contrat notre DSP intégrera également Vélostar", note  Guy Jouhier.


La ligne B en 2019

A l'issue de ce contrat, en 2017, il restera deux ans avant la mise en service de la seconde ligne de métro automatique de l'agglomération rennaise. "C'est pour cette raison que le contrat n'est que de cinq ans. Nous ne voulions pas être trop proches de cette échéance qui risquait de fausser la concurrence".

Robert Viennet

(1) Cette contribution forfaitaire n'intègre pas certaines contributions non forfaitisables (taxe sur les salaires, TIPP) estimée en moyenne à 3,4 millions d'euros par an.