Le trafic ferroviaire avait été perturbé le 25 octobre avec en moyenne 7 TGV sur 10 et 2 TER sur 3 en circulation, les syndicats cheminots entendant protester contre des conditions de travail selon eux dégradées et contre l'augmentation des salaires de 0,5%. Ils voulaient aussi (et surtout ?) adresser une mise en garde au gouvernement, qui planche sur un projet de réforme ferroviaire.

Le 24 octobre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait tenu à rassurer les cheminots en affirmant sur les ondes de France Inter que la future réforme ferroviaire ne se "fera pas contre" eux mais "avec eux". Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, doit en effet livrer les grandes lignes d'une réforme du rail français le 30 octobre. Avant une loi prévue pour 2013.

Les cheminots redoutent les conséquences sociales de cette future réforme et de l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs qui pourraient remettre en cause le statut historique de la SNCF avec la création d'un statut unique du cheminot. Ce qui mettrait fin au double statut actuellement en vigueur.


"Les cheminots sont des gens formidables"


Aujourd'hui en effet, les presque 2 000 salariés des entreprises ferroviaires privées (Colas Rail, Euro Cargo Rail, Europorte, VFLI etc.) autorisés depuis 2006 à exploiter des trains de fret relèvent du droit du travail. A l'inverse, l'organisation du travail des agents de la SNCF (congés, repos, récupération, temps de service etc.) découle d'une loi de 1940 et est formalisée par des textes internes à la compagnie ferroviaire publique, les "RH".

"Nous voulons une grande politique ferroviaire (...) cette réforme est en cours de préparation et nous allons faire très vite des propositions" qui feront "l'objet d'une présentation aux partenaires sociaux", a déclaré le premier ministre.
Les cheminots, a-t-il poursuivi, sont "des gens formidables (...) On ne fera pas contre les cheminots, on fera avec eux, c'est le pacte qu'on leur proposera", a-t-il promis.


Nathalie Arensonas