"Il est temps que l'horizon de Veolia Transdev s'éclaircisse, on ne peut pas se permettre de naviguer à vue encore longtemps", commentait récemment un collaborateur du groupe de transport public, au lendemain de la perte, coup sur coup, des marchés urbains de Nice (juillet 2012), de Cannes (11 octobre) et de Strasbourg (12 octobre).

Les deux premiers contrats sont passés en régie, le troisième a été raflé par Keolis (en tandem avec SNCF Partenariat) qui depuis quelques mois taille des croupières au numéro 1 du transport public. Malgré de belles prises à l'étranger comme Perth en Australie en 2011, Veolia Transdev a accumulé des revers en France : à Aix-en-Provence, Metz et Orléans. Et le futur marché de Grenoble, actuellement en appel d'offres, fait trembler les équipes.

L'incertitude autour du désengagement de Veolia Environnement dans sa filiale codétenue à parité avec la Caisse des dépôts (CDC) depuis la fusion entre Veolia et Transdev en 2011 n'a que trop duré, et les élus semblent perdre confiance.
"Il y a une grande incertitude aujourd'hui, la réalité de choses c'est que les équipes de Transdev n'existent plus et que Veolia veut se retirer du transport, cette faible visibilité n'est pas rassurante", expliquait Roland Ries, maire de Strasbourg, après le choix de sa ville de se passer des services de Veolia Transdev pour ses transports.


Ventes ciblées d'activités

Cet horizon semble enfin s'éclaircir : dans un communiqué du 23 octobre, la Caisse des dépôts annonce qu'elle va va prendre "le contrôle exclusif" du gestionnaire de réseaux de transports public Veolia Transdev, en montant à 60% de son capital, à l'occasion d'un désengagement de son actionnaire historique Veolia Environnement

Antoine Frérot avait en effet annoncé en décembre 2011 sa volonté d'abandonner l'activité transport et depuis, les rumeurs de reprise partielle des parts de Veolia par le fonds luxembourgeois Cube Infrsatructure contrôlé par Natixis, puis par le transporteur allemand Rethmann ou par le Crédit Agricole ne se sont jamais concrétisées.

L'accord est encore provisoire, font valoir les deux groupes. Une fois dans le giron de la CDC, Veolia Transdev va procéder à des cessions "ciblées" d'activités et refinancer sa dette existante pour être en mesure de rembourser Veolia Environnement. Le communiqué ne précise pas combien Veolia Environnement espère ainsi récupérer, mais le groupe s'engage à informer les marchés financiers "le cas échéant" des évolutions du projet.

Cet accord a été soumis lundi 22 octobre à l'approbation du conseil d'administration de Veolia, qui ne compte plus Henri Proglio parmi ses membres (ce qui a sans doute facilité les choses car l'ancien président de VE était hostile à la stratégie de son sucesseur Antoine Frérot).
Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des Dépôts, devrait de son côté présenter ce plan à la commission de suveillance de la CDC le 24 octobre.

Nathalie Arensonas