Décidément les jours se suivent et se ressemblent pour Veolia Transdev qui, après le réseau de Cannes dont elle a été évincée après une histoire "abracadabantesque", perd aujourd'hui celui de Strasbourg. Un réseau géré par une Société d'économie mixte (Sem), la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), dont elle était partenaire et actionnaire à hauteur de 12,5% depuis le début des années 90 et l'épopée du tramway.

Cette décision a été prise au cours du conseil d'administration de la CTS le 12 octobre 2012, en présence de Roland Ries, maire de Strasbourg et président de la Sem.


Répondre à de nouveaux enjeux
Dans un communiqué, la CTS explique que "Le réseau de Strasbourg est aujourd’hui confronté à de nouveaux enjeux et le tramway ne peut plus constituer la réponse unique. Dans le cadre d’une agglomération transfrontalière et dans l’optique d’une montée en puissance du pôle métropolitain, l’ensemble de la palette des modes de transport doit désormais être envisagé. Sur le territoire de la Communauté urbaine de Strasbourg proprement dit, les perspectives de croissance de la clientèle du réseau CTS (+ 50% à l’horizon 2025 sur la base des projets en cours) imposeront un réel défi technique et financier.

Seule une conception plus affirmée et innovante de l’intermodalité reposant, notamment, sur une synergie avec le ferroviaire lourd permettra d’être au rendez-vous."


Une première pour SNCF partenariat
C'est la première fois que SNCF partenariat et Keolis répondent ensemble à un appel d'offres. Est-ce ceci qui a emporté la décision ? "Je ne sais pas si on peut dire ça, mais il est vrai que pour une agglomération de la taille de Strasbourg, la SNCF apporte un savoir-faire ferroviaire que nous n'avons pas et Keolis pourra nous faire bénéficier d'échanges avec les grands réseaux qu'il exploite déjà, comme Lille ou Lyon", explique Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS.

Outre Veolia Transdev et Keolis, RATP Développement avait également répondu à cet appel d'offres dont le montant pourrait s'approcher des 250 000 euros par an. "Les trois offres étaient de trés bonne qualité, mais c'est la meilleure qui l'a emporté", conclu Jean-Philippe Lally. Le nouveau contrat d'une durée de cinq ans, entrera en vigueur le 1er janvier 2013.
 
Robert Viennet