Entre des TGV et les TER qui se sont modernisées ces dix dernières années, il y a les Trains d'équilibre du territoire, aussi appelés Intercités - empruntés quotidiennement par 100 000 passagers - qui continuent à chercher leur voie.
On pensait qu'ils l'avaient trouvé après la signature en décembre 2010 d'une convention de trois ans entre la SNCF et l'Etat, qui devenait ainsi leur autorité organisatrice. Mais visiblement, de nombreux problèmes restent en suspens pour la quarantaine de lignes Intercités que compte le réseau français.

C'est le message que Guillaume Pepy a voulu faire passer aux sénateurs lors de son audition le 10 octobre 2012. Pour le président de la SNCF, "Les trains Intercités sont en fin de vie. C'est un sujet lourd puisque l'on parle de deux à trois milliards d'euros de matériel roulant à renouveler dans les dix ans".


Une facture qui pourrait varier en fonction de la solution adoptée. Soit l'achat de matériel neuf qui pourrait, comme le suggéraient récemment Bombardier et Alstom, être puisé dans les méga-commandes Regiolis et de Regio 2N, trains régionaux qui moyennant quelques adaptations, pourraient être exploités sur de plus longue distance.
Soit la transformation des rames TGV de première génération. Une idée qui, selon l'AFP, serait sérieusement évoquée au sein de la SNCF. Elle aurait l'avantage de doter à moindre coût certaines régions de TGV "Canada dry" comme les avait appelés Guillaume Pepy. Mais pas sûr que cela fasse rire les élus régionaux.

 
Faire payer les péages

Autre sujet d'inquiétude pour le patron de la SNCF, le budget d'exploitation de ces trains Intercités qui est pour l'instant abondé à hauteur de 15%, soit 35 millions d'euros par les péages autoroutiers, et à 85% par une taxe sur les activités ferroviaires de la SNCF. "Cette répartition doit pouvoir évoluer parce que la partie autoroutière est très faible, et plafonnée, ce qui veut dire que la partie ferroviaire augmente d'année en année", a-t-il indiqué, ajoutant, "Il me semble que cela mériterait de la part du Parlement un réexamen".

Une proposition qui ne fait pas rire non plus les sociétés d'autoroute : dans un communiqué, elles ont soulignent qu'une telle mesure reviendrait "à augmenter encore la fiscalité pesant sur les utilisateurs d'autoroutes" et ont rappelé que "38% des montants acquittés par les automobilistes sont reversés à l'État sous la forme de taxes et d'impôts divers".
"La proposition du président de la SNCF, si elle était acceptée par le Parlement, viendrait à l'encontre du double objectif affiché par l'État de non augmentation de la charge fiscale pesant sur les Français, et de modération des tarifs des services publics", ont-elles prévenu.


Robert Viennet