Ces dernières années, le réseau de transport de Douai a accumulé les problèmes : gros retard dans la mise en service de son bus en site propre dont le guidage magnétique n'est toujours pas homologué, baisse importante de la fréquentation,démobilisation du personnel…


"Un monstre juridique"

Pour mettre un terme à cette spirale négative, Françoise Prouvost, la nouvelle présidente du Syndicat mixte des transports de Douai (SMTD), compte sur la restructuration du réseau qui vient d'être mise en place et sur la création d'une Société publique locale (SPL) le 1er janvier 2013. L'occasion d'en finir avec un montage juridique unique en France : "Ce n'est même pas une régie, c'est un monstre juridique si je puis dire, puisque les élus gèrent en direct 200 salariés de droit privé", déplore Françoise Prouvost.

Une situation qui crée des imbroglios comptables et juridiques inextricables. "Par exemple, il y a une incompatibilité évidente entre le droit du travail et la nécessité de passer toutes les décisions en délibération au comité syndical de l'agglomération, y compris les NAO (négociations obligatoires sur les salaires, ndlr). Le comité d'entreprise ne comprend pas pourquoi ce n'est pas lui qui est consulté en premier sur ces sujets".


Nouvelle dynamique

Outre le SMTD, deux autres collectivités locales seront actionnaires de cette SPL : la communauté d'agglomération du Douaisiset la communauté de commune de Cœur d'Ostrevent. "Nous conserverons l'assistance technique de Transdev signée en 2011 pour trois ans et le directeur que j'ai embauché début 2012, Bernard Burbau, anciennement chez Transdev, deviendra directeur général de la SPL", précise Françoise Prouvost.

Avec cette nouvelle dynamique d'entreprise et la restructuration du réseau dont les premiers effets se font déjà sentir, la présidente du SMTD espèrent atteindre en 2013, cinq millions de voyages contre 4,5 millions actuellement, soit une progression supérieure à 10%.


Une rallonge pour Evéole

Le ciel s'éclaircit aussi du côté d'Evéole, ce bus guidé développé par le constructeur néerlandais APTS, qui devait devenir la colonne vertébrale de l'agglomération reliant le centre de Douai à Guesnain (voir l'encadré).

Les élus du SMTD ont décidé de rallonger la ligne de 7 km à l'Est, jusqu'à la commune d'Aniche, comme prévu à l'origine, et à l'ouest sur 800 m dans Douai pour desservir un quartier d'habitat social. "Cette décision a fait l'objet d'un long débat au sein du SMTD, car une partie non négligeable des élus et pour tout dire de la CAD, était plutôt favorable à la construction de la ligne B, sur un axe Nord-Sud. Mais nous avons assisté à une mobilisation des élus de l'Est de l'agglomération et notamment de ceux de Cœur d'Ostrevent qui nous ont même proposé une participation financière pour prolonger la ligne A", explique Françoise Prouvost.

Ce qui a fait basculer la décision, c'est le soudain intérêt de la Région Nord Pas-de-Calais pour ce projet. "La région considérant que Douai n'avait bénéficié que de faibles subventions pour réaliser la première phase de la ligne A, a décidé de nous accorder une subvention de 80 millions d'euros, se félicite la présidente du syndicat.


Douai se cherche un guide

Ill ne manque donc plus que la mise au point du système de guidage d'Evéole pour laquelle le SMTD a accepté de s'engager auprès du constructeur à hauteur de neuf millions d'euros Si les choses se passent comme prévu, le logiciel de guidage pourrait être opérationnel début 2014.
Le cas échéant, le SMTD récupérerait sept millions d'euros sur les neuf engagés. Maius aurait sur les bras un système de transport inachevé et sans doute unique au monde. Un peu ce qui est arrivé à Caen et à Nancy avec le Transport sur voie réservé, le TVR.

Robert Viennet