Accueilli par une délégation CGT de la ligne du RER B bardés d'autocollants demandant : "Le changement, c'est pour quand ?",   Frédéric Cuvillier s'est vu remettre un "Livre noir du RER". Le ministre délégué aux Transports était venu visiter le nouveau bâtiment de maintenance de Sucy-en-Brie construit pour entretenir les nouvelles rames à deux niveaux qui circulent depuis un an sur la ligne du RER A, et monter à bord de l'une d'entre elles.
Ces fameuses rames MI09 inaugurées en décembre 2011 par Nicolas Sarkozy censées mettre fin au calvaire du million de voyageurs quotidiens du RER A qui relie la banlieue parisienen d'est en ouest, via la capitale. Deux nouvelles rames sont injectées en moyenne tous les mois, et ce jusqu'en 2017, pour remplacer les plus anciennes.


"Pas une bonne idée de s'attaquer à la dette des autres"

Juste avant son arrivée, les syndicalistes avait déjà interpellé Pierre Mongin, le patron de la RATP, sur les mêmes sujets : la présence de poussière d'amiante dans l'atelier de maintenance du RER B à Massy, la suppression de 2 800 emplois depuis 2008 à la Régie, l'insuffisance de trains sur cette ligne, la nécessité d'un deuxième atelier de maintenance du RER B et le problème d'engorgement du tronçon commun du RER A, B et D à Châtelet".
"Je vais donner une nouvelle lettre de mission à Monsieur Mongin dans quelques semaines et nous ferons le point sur ce qui a été engagé et sur la stratégie à venir", a répondu le ministre, avant d'entamer sa visite.

Car pour l'heure, ce qui le préoccupe, c'est moins la situation à la RATP et des transports en Ile-de-France (c'est d'ailleurs le ministère de Cécile Duflot qui porte le projet du Grand Paris), que la nécessaire réforme su système ferroviaire dont son cabinet est en train d'élaborer les contours en vue du projet de loi qui devrait normalement être présenté en conseil des ministres, dans les prochaines semaines.
Commentant la récente proposition de Guillaume Pepy de partager les 30 milliards de dette ferroviaire entre la SNCF, les usagers du TER et les contribuables, le ministre a ironisé : "Ce n'est pas forcément une bonne idée de s'attaquer à la dette des autres". Autrement dit à la dette de Réseau ferré de France (RFF)... Le président de la SNCF souhaite voir rayer RFF de la carte dans un scénario qui verrait la holding SNCF intégrer à la fois la gestion des infrastructures et l'exploitation des trains.

En attendant de trancher sur cet épineux dossier, Frédéric Cuvillier devrait communiquer le 3 octobre, en conseil des ministres, la feuille de route de son ministère pour les cinq prochaines années. Il n'a pas souhaité en donner le détail avant cette date.

Nathalie Arensonas