Trois branches pour 200 000 habitants

Ce tram-train qui dessert un bassin de vie de 200 000 habitants est organisé autour d’un tronc commun (de la gare de Lyon-Saint-Paul à Tassin la Demi-Lune) et de trois branches à voie unique à destination de Sain-Bel, Brignais et Lozanne.
"Cette nouvelle ligne permet un accès rapide au cœur de Lyon car il est connecté au métro D à la station Gorge de Loup", précise l’élu. Les 55 km de lignes sont ponctués de vingt-trois gares, dont deux nouvelles haltes ferroviaires à Charpenay-Lentilly et  Dommartin-Lissieu. Avec un parking relais de 200 à 230 places.

Car l’objectif de la Région est de favoriser le report modal. "Dans l’ouest lyonnais, nous tablons sur un doublement de la fréquentation d’ici à 2013 et espérons transporter 20 000 voyageurs d’ici quatre à cinq ans". Ce projet représente un investissement de près de 300 millions d’euros : 150 millions pour l’électrification des voies, 100 millions pour le matériel roulant, 30 millions d’euros pour la modernisation des gares et 20 millions pour la construction à l’Arbresle du centre de maintenance.
"Un investissement colossal, mais ce tram-train est un élément fort du développement des TER avec une offre plus qualifiée et un service amélioré".
La Région a financé le projet à hauteur de 70%, aux côtés du Grand Lyon (7%), du conseil général du Rhône (4,5%) et des communes concernées (1,5%). Les 17% restants ont été pris en charge par RFF, la SNCF et l’Etat.

 


"Une fiscalité absurde !"

L’importance de l'investissement pose la question du financement des transports express régionaux, dont les budgets ne cessent d’augmenter, engouement pour le TER oblige. Fin 2012, pour faire circuler chaque jour 1 300 trains et 520 cars, Rhône-Alpes aura consacré 539 millions d’euros à cette compétence. Soit 8 millions de plus qu’en 2011.  "Avec 145 000 voyages réalisés chaque jour, la fréquentation des TER rhônalpins a progressé de + 18% depuis 2007. Ce succès génère des charges supplémentaires pour la collectivité", rappelle Jean-Jack Queyranne.

A l'instar de l’Association des régions de France, l'élu plaide pour un versement transport "interstitiel" (lire l'encadré). "Les Régions n’ont pas d’autonomie fiscale en dehors des taxes additionnelles issues de la TIPP et des cartes grises. En résumé, plus nous développons une offre concurrentielle à la voiture, moins nous avons de ressources, exceptée celle payée par l’usager. Laquelle est de l’ordre de 25%".

Autrement dit, plus les gens prennent le train, moins ils consomment de carburant et plus les ressources fiscales des régions s’appauvrissent. "Nous sommes assis sur une fiscalité absurde !", regrette Jean-Jack Queyranne. "Un développement du TER reposant sur des ressources fiscales qui n’augmentent pas, voire qui sont en baisse tendancielle, confine à l’impossibilité. Si en Rhône-Alpes nous ne sommes pas encore dans une situation critique, nous allons le devenir car le modèle actuel du financement du TER conduit à une équation insoluble".
L'instauration d’un VT "interstitiel" en Rhône-Alpes génèrerait 35 millions d’euros par an, soit l’équivalent de 8% du coût de la convention TER. "Ce qui favoriserait le développement du TER", affirme l’élu.


Christine Cabiron