C'est le contrat du siècle : près de deux milliards d'euros sur six ans. Les trois candidats en lice pour exploiter le réseau des Transports en commun lyonnais (TCL), Keolis, Transdev et Veolia Transport, ont produit pas moins de 15 000 pages pour répondre à l'appel d'offres du Sytral, l'autorité organisatrice.
Il a fallu un charriot à roulettes pour acheminer leurs dossiers dans la salle du conseil qui délibérait, le 8 juillet 2010, afin de choisir celui qui exploitera le réseau urbain de la capitale des Gaules jusqu'en 2016.

C'est le candidat sortant, Keolis, filiale de a SNCF, qui a remporté ce contrat de délégation de service public (DSP). Les deux autres groupes éconduits devront se contenter d'une indemnité de 750 000 euros pour compenser le long travail qu'aura necessité leur réponse à ce gros appel d'offres.
Avec quatre lignes de métro, quatre lignes de tramway, huit lignes de trolleybus, deux funiculaires et une centaine de lignes d'autobus, le réseau de transport urbain de Lyon reçoit plus d'un miliion de voyageurs/jour. C'est le deuxième après celui de l'Ile-de-France.


Réduire la dette du Sytral

Parmi les principaux critères retenus par les élus du Sytral, la résorbtion du déficit qui s'élève à 1,2 milliard d'euros. Keolis s'engage à le réduire de 771 millions, Veolia Transport promettait 809 millions, Transdev 779 millions. Le vainqueur s'engage par ailleurs sur 1,224 milliard de recettes pendant la durée du contrat.

Autre effort demandé au nouveau délégataire, l'amélioration des relations sociales avec un fléchage des gains de productivité vers la formation et la protection sociale des 4 300 salariés des TCL. Une série de grèves avaient en effet emaillé l'année 2009 et amené Keolis, déjà en place, à lancer un plan de rééquilibrage entre les différents métiers et niveaux de salaires de l'entreprise (baptisé "Edifis").

L'amélioration de la qualité de service, "pour mettre le client au cœur du débat" était l'autre volet du cahier des charges. Keolis devra gérer l'augmentation de l'offre kilométrique (+ 2 millions de km) avec le déploiement du réseau de surface prévu dans le plan "Atout Bus", dès la rentrée 2011, l'extension de la ligne B du métro et des lignes de tram T1 et T2.

Enfin, le Sytral a prévu d'augmenter le montant des bonus-malus qui pénalisent l'exploitant ou récompensent ses efforts de qualité de service.
"Le choix du délégataire a été une épreuve cruelle au regard de la qualité des réponses, l'écart de prix de 10 mlillions d'euros sur 2 milliards de contrat n'a pas été un élément déterminant, les offres des candidats étaient sensiblement les mêmes", a précisé Bernard Rivalta, le président socialiste du Sytral, à l'issue du vote.


Christine Cabiron (Transport Public) avec Nathalie Arensonas