"Les résultats semestriels 2012 se maintiennent à un niveau historiquement élevé, en ligne avec les objectifs. Ces bons résultats concernent aussi bien l’EPIC que les filiales (RATP Dev, mais pas Systra déconsolidée après la fusion des sociétés d'ingénierie de la RATP et de la SNCF en juillet 2012 - lire - NDLR)", se félicite le patron de la RATP Pierre Mongin.

Les filiales, dont le chiffre d’affaires atteint 365 millions d’euros, contribuent à 14% du chiffre d’affaires du groupe, contre 12% au 30 juin 2011 à périmètre constant.
Au premier semestre 2012, sa principale filiale, RATP Dev qui réalise 64% de son chiffre d’affaires à l’international, a remporté plusieurs marchés au Maghreb (tram d'Alger, d'Oran et de Constantine en Algérie, tram de Casablanca au Maroc) et aux Etats-Unis avec le réseau de bus d’Austin au Texas et le tram de Washington.
En Grande-Bretagne, RATP Dev a racheté le transporteur britannique HR Richmond, et le marché britannique constitue aujourd'hui la première zone d'activité de la filiale à égalité avec la France. Grâce à la force de la Livre sterling par rapport à l'euro et depuis l'héritage des actifs nés de la fusion Veolia Transdev.



CA "impacté" et légère baisse de trafic

Au 30 juin 2012, semestre au cours duquel les activités de gestionnaire d'infrastructure et d'opérateur de transport ont été séparées dans les comptes de l'entreprise publique, le chiffre d'affaire consolidé du groupe s'élevait à un peu plus de 2,5 milliard d'euros, en progression de 0,2% à périmètre constant, mais "impacté négativement par la déconsolidation de Systra et l'application de la nouvelle norme comptable IFRIC 12 au matériel roulant dans le cadre du nouveau contrat signé avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif)", précise le communiqué. "A méthode constante, la progression du chiffre d'affaires consolidé aurait été de 4,5%", a insisté Pierre Mongin lors de sa présentation devant la presse, le 3 septembre en fin de matinée.

Le résultat d'exploitation se maintient à 265 millions "grâce notamment à la performance des filiales et "en dépit d'un contrat plus exigeant avec le Stif qui s'est traduit part la remise à zéro des incitations financières de la RATP.  Le contrat signé en mars est implacable sur la ponctualité et la régularité des métros, RER et bus. Malus à l'appui (lire l'article sur ce contrat durement négocié par les deux parties - NDLR)".
Le résultat net du groupe baisse à 149 millions d'euros, contre 155 millions en juin 2011 (en partie à cause de ce système de  bonus-malus plus drastique), et la contribution des filiales à ce résultat net augmente de 3 millions d'euros.

Quant aux recettes voyageurs, elles affichent une hausse de 3,2% à 1,126 milliard d'euros, malgré une baisse du trafic de 0,8% depuis janvier 2012, uniquement sur le réseau d'autobus et de tramways. Recul que Pierre Mongin attribue eassentiellement aux travaux de construction ou de prolongement des lignes de tramways. La bonne tenue des recettes malgré le recul du trafic s'explique par la hausse des prix des tickets et l'augmentation du nombre des abonnements vendus.
Signe d'un report de la voiture vers les transports collectifs à cause de l'envolée du prix des carburants ? Pierre Mongin en a l'intuition, "même si nous ne disposons d'aucune étude pour l'étayer", a t-il confié.


6,5 milliards d'investissements d'ici à 2016

Au premier semestre, le groupe a investi 580 millions d’euros dont 564 millions en Ile-de-France (+7,2%) avec notamment les nouvelles rames du RER A et les rames rénovées sur le RER B. En ligne de mire pour le second semestre 2012, l’automatisation intégrale de la ligne 1 du métro (lire) et les prolongements de la ligne 12 du métro et des lignes de tramway T1, T2 et T3, soit 25 km de lignes de tram.
Et sur les quatre prochaines années, le budget d'investissement inscrit dans le contrat avec le Stif est de 6,5 milliards d’euros pour moderniser les transports franciliens.

La capacité d’autofinancement du groupe représente 430 millions d’euros, "mais un besoin en fonds de roulement conjoncturel a nécessité un endettement supplémentaire sur la période", indique la RATP dont la dette historique représente plus de 5 milliards d'euros.


Les perspectives pour fin 2012

Le transporteur public compte bien jouer un rôle de choix dans le projet du Grand Paris Express en se positionnant sur les marchés de maîtrise d’œuvre, "en particulier celui des systèmes", a indiqué Pierre Mongin."Par exemple, nous sommes en train de préparer les appels d'offres pour les travaux de prolongement de la ligne 14 vers Saint-Denis-Pleyel".
En province, où RATP Dev a remporté les bus de Charleville-Mézières et a été renouvelée pour exploiter ceux de Moulins et de Bourges, la filiale est candidate à l’exploitation de plusieurs autres réseaux comme à Boulogne-sur-Mer, Sens, Châtellerault, Pays d’Olonnes. A l’international enfin, l'entreprise attend des résultats d'appels d'offres en Asie et "sur la route de l'Asie", comme l'a confié Jean-Marc Janaillac, pdg de RATP Dev à Mobilicités.

Restent certains actifs de Veolia qui cherche à se désinvestir de sa filiale transport Veolia Transdev et qui semblent intéresser la RATP, comme la SNCF : "Nous nous sommes mis d'accord avec Guillaume Pepy (patron de la SNCF, NDLR), mais la décision revient d'abord à l'Etat", a lâché Pierre Mongin, se défendant de vouloir "dépecer" le groupe mal en point. La décision reviendra aussi à l'autorité de la concurrence... C'est vers l'Asie, où RATP Dev a une joint venture avec Veolia que le duo Mongin-Janaillac lorgne tout particulièrement.


Nathalie Arensonas