Encore un cadre dirigeant de la SNCF nommé à un poste extérieur clé. A partir du 1er octobre 2012, un ancien adjoint de Sophie Boissard à la direction de Gare & Connexions doit prendre le poste de délégué général de l’Association des régions de France (ARF).

Le lobby des conseils régionaux présidé par Alain Rousset (président PS de la région Aquitaine) et dont le TER est l’une des compétences majeures a en effet choisi de recruter Gilles Mergy pour occuper ce poste. Il était à pourvoir depuis le départ de Michel Yahiel, nommé conseiller de François Hollande à l’Elysée.

Agé de 44 ans, Gilles Mergy est diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris et ancien élève de l’ENA. Il a jusqu’alors partagé sa carrière entre le cœur de Bercy et la SNCF. Il est aussi maire-adjoint PS de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).
Il a débuté sa carrière au sein de l’entreprise publique en 1992 dans la branche Fret comme directeur d’agence commerciale à Limoges, avant de devenir chef de cabinet du directeur du fret.

Après l’ENA, il avait intégré la direction du Trésor au ministère de l’Economie et des Finances. D’abord à l’Agence des participations de l’Etat (que dirige aujourd’hui David Azéma - lire l'article à ce sujet), puis fin 2004, comme directeur de cabinet du directeur général du Trésor.

Retour ensuite à la SNCF. Gilles Mergy a rallié en 2007 la direction de Transilien dont il assurait les relations institutionnelles. Une fonction qui l'a placé en prise direct avec les services du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) et du conseil régional ainsi qu’avec les élus locaux et les acteurs économiques franciliens.En 2009, son parcours a bifurqué vers Gares & Connexions, comme chef de département puis comme adjoint au directeur stratégie et finances où il a pris part à l’installation de cette nouvelle branche de la SNCF.

Il a notamment mis en place le processus de pilotage des investissements et s’est impliqué dans la mise en œuvre du décret gares du 20 janvier 2012. Gilles Mergy effectuait régulièrement des présentations du modèle économique de Gares & Connexions aux services et aux élus des régions, précise l’ARF.

L'homme de la SNCF ?

Ironie du sort, ce sujet constitue l’une des causes de tensions entre la SNCF et les régions. Celles-ci, notamment par la voix de Jacques Auxiette, chargé des transports à l’ARF, ont eu l’occasion de s’émouvoir de la complexité des financements des gares qui sollicitent les régions via le TER.
Plus largement, la transparence du fonctionnement du transport express régional reste un point de tension récurrent entre la SNCF et ses clients régionaux. Un problème sur lequel le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier porte une attention particulière, comme il l’a rappelé fin août.

On peut donc parier que l’arrivée de Gilles Mergy comme délégué général de l’ARF contribuera à mettre de l’huile dans les complexes rouages entre les financeurs de la SNCF et la compagnie ferroviaire publique.

Mais ce recrutement suscite aussi déjà une certaine méfiance du côté des entreprises ferroviaires privées. Alors que l’harmonisation du cadre social et l’ouverture à la concurrence du rail vont être bientôt débattus (lire l'article sur ce sujet), ils redoutent que "la SNCF fasse ainsi entendre plus facilement ses arguments  auprès des régions", indique un de leur représentant.

Marc Fressoz

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