Une baisse "modeste" et "provisoire" de la taxe intérieure sur les produits énergétiques (ex-TIPP), c'est ce qu'a promis Jean-Marc Ayrault le 22 août sur RMC-BFM en réponse à la flambée du prix des carburants à la pompe en plein congés d'été : près de 1,46 euro le litre de gazole, près de 1,67 euro pour le SP95.
Une baisse des taxes donc, plutôt que qu'un blocage des prix promis par François Hollande, trop compliqué à instaurer, selon le gouvernement.

La mesure annoncée par le premier ministre ne devrait pas toutefois représenter plus de quatre à cinq centimes d'euro du litre à la pompe.

Quelques centimes de baisse provisoire qui n'empêchent pas les tractations à Bercy. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici et son collègue à la Consommation, Benoît Hamon, ont accueilli le 27 août après-midi les principales organisations de défense des consommateurs, et doivent négocier le lendemain avec les pétroliers et distributeurs de carburant la mise en œuvre de la baisse promise par Jean-Marc Ayrault.


Mesures de fond

Dans un communiqué qui ne s'est pas fait attendre, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) fustige la mesure gouvernementale : "Il est incohérent de chercher hier à réduire la consommation de pétrole en renforçant le dispositif du bonus-malus (lire l'article sur le rapport de la Cour des Comptes sur ce sujet) puis, aujourd’hui, de vouloir la pérenniser en la faisant subventionner par l’Etat", estime Jean Sivardière, son président. qui juge cette mesure "sympbolique dont les effets ne seront que "provisoires et dérisoires".

Alors que la présidente de la Confédération logement et cadre de vie, la CLCV, estime qu'"il faut absolument arriver à baisser le prix de l'essence car c'est intolérable pour les ménages", la Fnaut préconise plutôt des mesures de fond comme par exemple, un "vaste plan de développement des transports publics" entre les villes de banlieue, dans les zones périurbaines et rurales où vivent de nombreux automobilistes à faible pouvoir d'achat et obligés de prendre leur voiture pour se déplacer. 

L'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) constate par la voix de son délégué général, Bruno Gazeau cité mi-août par Libération, qu'"une hausse durable du prix de l'essence amène plus de passagers dans les transports en commun". A condition qu'il y en ait là où les besoins sont pressants.
Dans son interview sur RMC-BFM, Jean-Marc Ayrault a annoncé que son gouvernement proposerait des mesures pour développer les transports en commun, notamment dans les zones mal desservies.


Avec quel argent ?

L'éphémère ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, avait annoncé début juin qu'un troisième appel à projets sur les transports collectifs en site propre (TCSP) serait lancé par le gouvernement (voir la vidéo). Mais dans les zones périurbaines et dans les campagnes, ce sont de nouvelles formes de transport et surtout, de nouvelles sources de financement des transports publics qu'il faut inventer.

Nathalie Arensonas