Alstom et le Fonds stratégique d'investissement (FSI, groupe Caisse des dépôts) avaient annoncé le 10 avril 2012 qu'ils envisageaient de racheter ensemble 85% de Translohr, filiale du groupe ferroviaire alsacien spécialisée dans la construction de tramways sur pneus.
Il circule à Clermont-Ferrand, à Padoue et Mestre en Italie, et devrait équiper la ligne de tramway T5 en décembre 2012 (Saint-Denis-Sarcelles) puis T6 (Viroflay et Châtillon) (voir encadré ci-dessous).

La transaction porterait sur 60 millions d'euros, selon Alstom et le FSI. Selon Les Echos du 1er juin, les repreneurs ne proposerait que 35 millions. Et selon l'AFP, le projet de reprise prévoit le paiement de cette somme à Lohr pour les 100% du capital, mais aussi l'abondement d'un fonds de roulement de "plusieurs dizaines de millions d'euros pour combler la trésorerie négative".  
Robert Lohr, fondateur du groupe a déclaré à l'AFP qu'il avait rejeté cette offre car Alstom et le FSI lui avaient proposé
"35 millions d'euros, mais pour un périmètre supérieur à ce qui avait été évoqué en avril". "Ils voulaient acheter plus et payer moins, c'est le non-respect de la parole donnée", a-t-il fustigé.


"Offre insuffisante"

"Nous avons reçu une offre qui ne permettrait pas de pérenniser à court terme l'ensemble des activités du groupe Lohr", a également commenté Jean-François Argence, de la direction générale du groupe qui emploie 930 personnes. "Cette offre est insuffisante", a-t-il ajouté.
Lohr continue donc d'envisager de se déclarer le 4 juin 2012 en cessation de paiement, une mesure "conservatoire" destinée à lui permettre de gagner du temps pour examiner d'autres offres de reprise de Translohr, explique Jean-François Argence.

La rumeur d'une reprise par un constructeur chinois plane depuis le début des difficultés financières de Translhor (lire notre précédent article). A moins que Siemens avec lequel Lohr a d'ailleurs conclu un accord industriel (le constructeur alsacien fournit à Siemens le système de guidage du métro automatique Val et du Val nouvelle génération à Siemens), ne soit également candidat à la reprise. Interrogé, Siemens ne fait aucun commentaire.

Lohr avait annoncé en décembre 2011 son intention de vendre une partie du capital de sa division tramway afin de renflouer sa trésorerie. Le groupe implantée dans le Bas-Rhin a été sévèrement touché par la crise. L'entreprise avait déjà supprimé une centaine d'emplois début 2009 et 150 en mai 2010.


Nathalie Arensonas