En annonçant sa volonté de se désengager des transports publics et donc de sa participation dans Veolia Transdev codétenue avec la Caisse des dépôts (CDC), Antoine Frérot, le pdg de Veolia Environnement avait dit fin décembre 2011 qu'il se donnait deux ans pour boucler la vente (lire). Mais dans les faits, le groupe qui perd de l'argent souhaite qu'un accord soit trouvé avec un ou plusieurs repreneurs d'ici à fin 2012.

Le 4 mai, lors de la présentation de ses résultats, VE avait indiqué avoir reçu une offre d'un acheteur avec lequeli il était en négociations exclusives depuis fin février (lire). Mais, il avait ajouté qu"un nouvel acquéreur avait manifesté et récemment confirmé à Veolia Environnement son intérêt" pour Veolia Transdev.


Séparation avec Keolis en 2005

Selon Le Figaro, qui cite des sources concordantes, ce nouvel acquéreur intéressé serait l'Allemand Rethmann, présent dans la logistique, les transports de voyageurs, l'énergie, l'eau et la propreté.
Le groupe familial dirigé par Klemens Rethmann a réalisé un chiffre d'affaires de 9,1 milliards d'euros en 2010 et emploie 40 000 personnes, détaille le quotidien. Sa filiale Remondis, qui pèse 5,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, est un concurrent de Veolia Environnement, spécialiste des services aux collectivités locales et l'énergie.
Via sa filiale Rhenus Veniro (2 000 collaborateurs), anciennement en joint venture avec le Français Keolis (ils se sont séparés en 2005), Rethmann exploite quelques lignes ferroviaires voyageurs et des réseaux de bus (1 100 véhicules), de tramways et de cars interurbains outre-Rhin.

Interrogés par MobiliCités, Veolia Environnement et Rethmann se sont refusés à tout commentaire, sans toutefois démentir l'information.
Cette éventuelle offre s'ajouterait donc à celle du fonds d'investissement Cube Infrastructure, contrôlé par Natixis. Selon Le Figaro, l'offre de Cube passerait par une augmentation de capital de 800 millions d'euros de Veolia Transdev, dont la moitié apportée par le fonds d'investissement et l'autre par la CDC.

Une source proche du dossier a toutefois indiqué au quotidien que l'offre du groupe allemand ne serait pas obligatoirement une alternative à celle de Cube. Rethmann pourrait en effet, toujours selon Le Figaro, être présent au capital de Veolia Transdev, aux côtés de Cube et de la CDC ou s'intéresser à certaines implantations géographiques du groupe de transport de voyageurs.

Nathalie Arensonas