Ce projet de téléphérique doit relier Lans-en-Vercors (Isère) à la ville de Fontaine, dans l'agglomération grenobloise, en 29 minutes. La capacité de transport prévue est de 2 400 personnes par heure pour une vitesse de 20 km/h.

Les télécabines graviront un dénivelé positif total de 1 380 mètres et disposeront d'une connexion avec la ligne A du tramway grenoblois. "Nous avons un avant-projet qui montre que c'est faisable. Nous envisageons une mise en service pour fin 2014, sous réserve qu'il n'y ait pas 50 recours" devant les tribunaux, a annoncé le 19 mars 2012 Marc Baïetto, président de Grenoble-Alpes Métropole ("La Métro") au cours d'une conférence de presse.

La ville de Grenoble est déjà équipé d'un téléphérique urbain, à vocation purement touristique, qui relie le centre-ville à la colline de la Bastille. Inauguré en 1934, il a transporté 325 000 passagers en 2011.


Réduire le trafic automobile

La liaison par câble avec le Vercors sera d'une toute autre ampleur et devra transporter au moins un million de passagers chaque année pour espérer être rentable. L'objectif est de réduire massivement le trafic automobile sur les deux routes étroites et sinueuses reliant Grenoble à l'est du Vercors, aujourd'hui  estimé à 9 000 véhicules par jour.
Avec une gare intermédiaire prévue à Saint-Nizier-du-Moucherotte, la population desservie par la liaison est estimée à 11 000 habitants.

"Plus de 40% de la population active descend chaque jour travailler dans l'agglomération. Vice-versa, les week-ends, le Vercors est une terre d'accueil pour de nombreux Grenoblois, a souligné Pierre Buisson, président de la communauté de communes du Vercors. Ce projet vient à point nommé pour combattre le tout-voiture", a-t-il poursuivi.


40 à 50 millions d'euros


Le coût du téléphéhérique est évalué à 40 à 50 millions d'euros, et devra être financé entièrement par des fonds privés car "les finances de La Métro ne nous permettent pas d'y aller seuls", indique Marc Baïetto.

Un appel à candidatures devrait être lancé aux opérateurs privés "avant l'été 2012" pour un début des travaux espéré en 2013, selon l'élu et une mise en service en 2014. A terme, si elle rencontre le succès espéré, la liaison pourrait être prolongée vers l'Est et le massif de la Chartreuse.

"Le câble à Grenoble apparaît comme une évidence", a souligné Michel Issindou, président du syndicat mixte des transports en commun (SMTC). Dans cette ville encerclée de montagnes, les élus locaux planchent sur des projets de téléphérique depuis les années 70. Une liaison avec la station de ski de Chamrousse, située juste au-dessus de Grenoble, avait notamment été envisagée.
La liaison avec le Vercors a finalement été retenue en raison de sa facilité de réalisation sur une zone non urbanisée. "Il n'y a pas d'habitation à proximité. A Chamrousse, on avait eu une levée de boucliers de ceux qui se sentaient survolés par le projet", a souligné M. Baïetto.

Des transports urbains par câbles existent déjà dans plusieurs villes dans le monde, comme New York ou Medellin (Colombie). L'entreprise Poma, implantée près de Grenoble, est l'un des leaders mondiaux de ce mode de déplacement doux grâce au marché des stations de ski. Demain, les villes ?

Nathalie Arensonas (avec AFP)