A Marseille, l'idée d'utiliser la mer pour se déplacer n'est pas nouvelle. Cela a même été l'objet de débats pendant la campagne pour les élections municipales. C'est chose faite depuis le 1er mars, avec la mise à l'eau de deux bateaux entre le Vieux Port et la Pointe Rouge, sept kilomètres à l'ouest du centre ville, en bord de mer.

Deux secteurs particulièrement embouteillés, surtout en période estivale. Conséquence : des temps de parcours variables et surtout très aléatoires. Situation à laquelle n'échappent pas les bus de la Régie de transports de Marseille (RTM). D'où l'idée des navettes maritimes. "Elles viennent compléter le dispositif de transport public présent dans ce secteur", explique Pierre Reboud, directeur de la RTM. "Certes le système est moins performant en terme de fréquence avec un départ à l'heure, mais beaucoup plus rapide que les bus en été".
Le temps de parcours est de 30 minutes par beau temps et de 40/45 minutes quand la mer est un peu chahutée. "En sachant qu'il n'y a jamais de tempête dans la rade sud".

 
Six mois de test

Les deux bateaux en exploitation ont une capacité de 100 places. Ils sont exploités par la Société varoise de transport, filiale de Veolia Transdev, dans le cadre d'un contrat de sous-traitance. "Comme il s'agit d'une expérimentation, il n'était pas justifié que la RTM s'équipe en matériel et recrute des marins".
Ce service représente un investissement de 2,2 millions d'euros pris en charge par la Communauté urbaine. Il sera testé pendant six mois, le temps nécessaire pour savoir si cette navette tiendra ses promesses. "Si les premiers résultats sont indécis, l'expérimentation sera reconduite pendant six mois".

En attendant, les bateaux-bus fonctionnent tous les jours de 7h à 19h, puis jusqu'à 22h à partir de mi-mai. Il sont accessibles gratuitement pour les clients de la RTM et pour 2,50 euro le trajet pour les autres. "Nous visons à la fois une clientèle de pendulaires et de touristes", précise le directeur. Lequel ne se fait pas d'illusions : "le report modal ne peut être que modéré car nous ne pouvons pas mettre autant de passagers dans le bateaux que dans le bus".

 
1 500 personnes à bord

Alors que les objectifs de fréquentation sont de 700 passagers par jour, plus de 1 500 personnes ont pris le bateau le 1er mars. Par curiosité, mais aussi en raison de parfaites conditions climatiques : grand beau, mer d'huile et absence de vent.
Autrement dit, une journée quasi estivale propice à ce type d'expérience. "Ce ne sera pas tous les jours comme cela", prévient le directeur. Qu'importe, les jours de mistral ou de mauvais temps, ceux qui redouteront d'affronter "une mer déchaînée", pourront alors prendre le bus ou le métro, des modes présents aux deux débarcadères des navettes.

"C'est une première à Marseille : nous donnons le choix de prendre le bateau à la place du bus. Ainsi nous complétons notre palette de solutions de déplacement",  rappelle Pierre Reboud. "De plus, le bateau-bus est un joli produit et un mode de transport plaisant".

Christine Cabiron