Pari non tenu. A l'issue de Assises du Ferroviaire, fin 2011, la ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet avait promis que Fer de France serait porté sur les fonds baptismaux à la mi-février. Mais aucune avancée n'a émergé lors des Rencontres parlementaires sur le transport ferroviaire, le 15 février à Paris et qui étaient pourtant consacrées à l'industrie ferroviaire.

Car pour l'instant, le projet de super organisme de promotion de cette filière inspirée du Gifas, groupement des industries françaises de l'aéronautique n'a pas réussi à susciter de vocation. Aucun des candidats identifiés - des capitaines d'industrie respectés et en fin de carrière - par le gouvernement lors des Assises pour assurer la présidence de Fer de France n'a répondu à l'appel.
Louis Gallois et Denis Ranque ont décliné l'offre, tous deux ayant choisi de s'investir dans la Fabrique, un think tank consacré à l'industrie. Et le gouvernement n'a trouvé personne qui fasse l'affaire.


L'industrie du chacun pour soi

Plus largement, Fer de France, cet édifice institutionnel imaginé par le groupe 4 des Assises, animé par Bruno Angles, ne suscite pas plus l'enthousiasme des principaux acteurs de l'industrie ferroviaire qui redoutent un organisme peu efficace.
Sur le papier, une véritable cathédrale a en effet été dessinée. Elle réunirait quatre collèges - industriels et Fédération des industries ferroviaires (Fif, autorité organisatrices, opérateurs, gestionnaires d'infrastructures, et six différentes commissions. Le tout coiffé par un conseil d'administration composé de plus hauts responsables, certains censés de se réunir chaque mois. C'est dans cette structure que serait discutés tous les problèmes d'une industrie dont les acteurs sont réputés pour un certain "chacun pour soi" : rapport entre grand groupes, entreprises de taille intermédiaires et PME-TPE, compétitivité, stratégie à l'étranger etc.


Jean Panhaleux, préfigurateur

Pour tenter de relancer ce dessein, le ministère de l'Ecologie a désigné mi-février 2011 un préfigurateur. Il s'agit de Jean Panhaleux, ingénieur général des Ponts et membre du Conseil général du développement durable. Il sera chargé de retailler le projet Fer de France et de réfléchir à un organisme peut-être plus modeste.
Parallèlement, la recherche d'un président se poursuit. Il se murmurait qu'un politique pourrait assumer ce rôle. Lors des Rencontres parlementaires du 15 février, le sénateur UMP Louis Nègre, actuel président de la Fif, a plaidé pour que l'on "mette un pilote dans l'avion", ce que certains ont interprété comme une auto-candidature implicite pour le poste.

Les vraies avancées devraient déboucher d'une autre démarche, parallèles à celle des Assises. Initié après les Etats généraux de l'industrie et piloté en lien avec la Fif, le comité stratégique de la filière ferroviaire doit en effet divulguer en mars 2012 une série de propositions concrètes, pour mieux structurer cette industrie.

Marc Fressoz