Réunis le 16 juin 2010 en commission mixte paritaire sur le projet de loi Grenelle 2, les parlementaires ont donné un go définitif à l'expérimentation du péage urbain dans les grandes villes.
Dans un communiqué, l'Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF) salue cette adoption : "le droit à l'expérimentation du péage urbain constitue un dispositif supplémentaire au service de la mobilité urbaine conforme au principe de la libre administration des collectivités territoriales", peut-on lire.
Selon l'AMGVF, le péage urbain permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique responsable de 30 000 morts prématurés chaque année.


Feuilleton parlementaire


Retour sur ce feuilleton parlementaire : en avril 2010, les sénateurs emmenés par Louis Nègre (UMP), introduisent un amendement prévoyant "la mise en place d'une expérimentation de péage urbain dans les agglomérations qui comptent plus de 300 000 habitants". Les députés le rejettent mais le gouvernement serait plutôt pour, à en croire les propos de Dominique Bussereau pendant le Salon européen de la mobilité Transports publics 2010, début juin : "Le gouvernement ne considère pas que c'est une mauvaise idée, a dit le secrétaire d'Etat aux Transports.

De son côté, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement, n'est pas non plus opposé au péage pour peu qu'il ne soit pas "bête et brutal", comme il l'avait confié au moment du lancement du projet de loi Grenelle 2, en mai 2010.


A qui profiterait l'argent du péage urbain ?


Le péage urbain sera du ressort de la commune ou à l'intercommunalité, et ne pourra être mis en place "qu'après la mise en place d'infrastructures de transports collectifs permettant l'absorption du report de trafic lié au péage", expliquait Louis Nègre, ardent défenseur du péage urbain et porteur de l'amendement. La pugnacité du sénateur des Alpes Maritimes a payé !

S'il est décidé par une agglomération, le péage urbain devra être validé par le Conseil d'Etat, après étude d'impact. Et les fonds collectés seront dédiés au financement de systèmes de transport public et d'infrastructures améliorant la mobilité urbaine.
Certains élus, comme Bertrand Delanoë, maire de Paris, ou Jean-Marc Ayraud, maire de Nantes, se sont déclarés contre le péage urbain car il serait discriminant ou "l'aveu d'un échec des politiques de déplacements". Même point de vue à la mairie de Bordeaux ou de Strasbourg.


Lyon prête à l'expérimentation


Pour Michel Destot, président de l'AMGVF et député-maire de Grenoble, ce droit à l'expérimentation ne doit pas être socialement discriminant. "Il nécessite le développement de transports alternatifs au service des populations concernées".
A Lyon, Gérard Collomb qui s'est toujours dit favorable au péage urbain, serait prêt à étudier cette solution pour le tronçon ouest du périphérique de Lyon. Même position favorable à Lille où Daniel Percheron, le président de la région Nord-Pas-de-Calais, s'est prononcé en faveur d'un péage urbain modéré, pour les camions d'abord, puis pour les voitures.