Un président de la République inaugurant de simples rames de RER, c'est peu courant. On attendrait plutôt le plus haut personnage de l'Etat à la mise en service d'une nouvelle ligne de TGV, comme Nicolas Sarkozy l'a fait début septembre pour la LGV Rhin-Rhône. Ou au lancement de la double boucle de métro automatique du Grand Paris. Mais inaugurer des rames de RER, comme le ferait un simple président de Région...

C'est pourtant ce que va faire Nicolas Sarkozy, lundi 5 décembre. Le geste inaugural, comme on dit, aura lieu à la station de RER la Défense. Le chef d'Etat découvrira le premier train à double étage MI09 qui, à terme, doit remplacer l'ensemble des rames actuelles du RER A pour tenter de soulager le trafic de cette ligne "millionnaire" (lire).

 
Les galériens de la ligne A

Les conseillers du président n'ont pas choisi cet événement au hasard. La ligne A est l'une des plus chargée au monde, avec plus d'un million de voyageurs chaque jour et, sans doute, la plus complexe à exploiter avec ses multiples antennes et son tunnel central qui traverse Paris d'Est en Ouest. Elle est devenue, au fil des années, avec la ligne 13 du métro, le symbole, de la saturation du réseau parisien. Le cauchemar quotidien de nombreux Franciliens.

Aujourd'hui, l'intervalle entre les trains aux heures de pointe sur le tronçon central est de deux minutes. Intervalle qu'il est impossible de réduire pour des raisons techniques et de sécurité. Seule solution pour apporter un peu de confort aux galériens du RER, avant que le prolongement de la ligne 14 du métro, ou que la double boucle du Grand Paris Express ne desserrent un peu l'étau, augmenter la capacité des trains.

Les rames MI09 pourront transporter presque deux fois plus de voyageurs (avec un nombre de places assises plus que doublé) que les actuelles rames MI84 appelées à être remplacer.

 
Message reçu

Dans le long débat public qui a précédé le lancement du projet du Grand Paris, l'hiver dernier, les Franciliens ont clairement exprimé qu'ils étaient séduits par le projet d'avenir qu'on leur proposait, mais qu'il voulait aussi (et surtout) que l'on améliore leurs transports au quotidien.
Un sentiment que Jean-Paul Huchon avait traduit dans un très guerrier "plan de mobilisation"(lire). Message visiblement entendu jusqu'à l'Elysée.

Robert Viennet