"Ce projet de Snit a été élaboré avant la crise de la dette publique et devra donc être adapté au nouveau contexte économique et financier". L'avertissement, en préambule des 200 pages du projet de SNIT, publié  le 17 novembre 2011, en dit long sur les limites de l'exercice auquel se sont attachés les services du ministère de l'Ecologie, des transports et du développement durable.

Entre ce qui serait souhaitable pour doter la France de nouvelles infrastructures de transport, tout en entretenant l'existant, et les capacités budgétaires du pays, le fossé se creuse de plus en plus.

 
Addition à la hausse

D'autant que ce nouveau projet a considérablement revu l'addition à la hausse. Si tous les projets envisagés étaient réalisés, il faudrait mobiliser 245 milliards d'euros alors que la version précédente évoquait 166 milliards d'euros. La différence est dûe pour une large part à une mésestimation dans les projets précédents, des dépenses de régénération du réseau ferroviaire passées de 25 à 50 milliards d'euros.

Sur l'enveloppe de 245 milliards d'euros, 105 devraient être consacrés aux dépenses d'optimisation et de régénération des réseaux existants et 140 à la création de nouvelles infrastructures. C'est le mode ferroviaire qui se taille la part du lion puisqu'il absorberait 64% des dépenses de régénération et 76,5% des nouvelles infrastructures.


Vision stratégique

Le document rappelle que le Snit "ne constitue pas un document de programmation (...) mais reflète une vision stratégique de l'évolution à long terme des infrastructures de transport en France". En clair, c'est ce qu'il faudrait faire dans un monde idéal.
Et comme il n'y a pas de monde idéal, il va falloir "arbitrer", "faire des choix" et "hiérarchiser les projets", lit-on a maintes reprises dans le document.

De quoi réjouir Hervé Mariton, député de la Drôme, rapporteur du budget transport à l'Assemblée nationale qui, dans un rapport publié en mai 2011, expliquait que la France n'avait "plus les moyens de ses ambitions" et qu'il faudrait faire des choix (lire).
Ce sera le rôle des parlementaires qui débattront du sujet après que l'avis du Conseil économique social et environnemental (Cese),  prévu au plus tard en février 2012, ait été rendu.


Robert Viennet